Danse
« Void Island », les seniors en vogue de (LA)HORDE

« Void Island », les seniors en vogue de (LA)HORDE

27 janvier 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous vous parlions récemment d’Arthur Harel. Invité de l’Ecole de danse contemporaine de Montréal pour la session d’automne 2014, le jeune homme est dans l’œil des amateurs de danse contemporaine. Dans le cadre du très pointu festival Faits d’Hiver, c’est au sein du collectif (LA) HORDE qu’il propose une forme hypnotique et plastique autour de la figure à réactualiser de la personne âgée.

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(LA)HORDE ce sont quatre artistes : Les scénographes, vidéastes et danseurs Marine Brutti et Jonathan Debrouwer, et les chorégraphes et interprètes Arthur Harel et Céline Signoret. Ils travaillent l’esprit de groupe, devenant un corps unique. Dans Avant les gens mourraient, ils exploraient le « Mainstream hardcore ». Ici, il s’agit de prendre la génération des baby-boomers, ceux nés nombreux juste après la Seconde Guerre Mondiale, et de les regarder vivre. Qui oserait dire aujourd’hui qu’une dame est vieille à 70 ans, alors qu’elle est pimpante et fashion ? C’est cette réalité un peu trouble que Void Island donne à voir.
Il y a d’abord une œuvre vidéo d’une violence extrême, amenée par un son sorti des bandes originales des films de Tim Burton. Ils sont frais, pimpants, fashions mais ils sont seuls les nouveaux vieux. On les voit dans leur univers, chez eux pendant que la ville hurle et que les hordes, cette fois d’actifs et de voitures se déversent dans les rues.
Pour répondre en filigrane à l’insupportable existence du vivre seul, (LA) HORDE les met tous sur scène, dans une progression de mouvements et de corps qui nous fait passer de nappes électroniques anxiogènes à une techno de transe. La musique est une composition électroacoustique originale d’Etienne Graindorge.
Pour ce collectif, tout est un ensemble. La musique, la vidéo et la chorégraphie avancent dans le même sens, celui d’une énergie frontale.
Dans la même idée, Arthur Harel joint par téléphone, nous raconte comment lors de la résidence du collectif à Montréal il s’agissait de faire danser des interprètes classiques sur de la hard techno en repoussant leurs limites physiques. L’électroacoustique est ici vécue comme une composition classique. Cela vient résonner totalement avec la chorégraphie dont les images nous transposent à la fois dans les gestes d’Oliver Dubois et de Pina Baush. Au centre de ces monuments de la culture de la pièce de groupe, (LA) Horde dont aucun des artistes n’a 40 ans semble apparaître comme une troisième voie. On trouve dans Void Island à la fois de la radicalité, de l’humour et de la poésie dans un équilibre qui ne fait pas l’impasse sur la technique. Les interprètes ne sont pas ménagés offrant des circulations faites de marches à ruptures et de portés à l’image forte.
(La)Horde sera justement en résidence au Ballet du Nord, dirigée par Olivier Dubois, cela n’est pas un hasard. Elle sera aussi présente au printemps à l’Espace 13-16 du Centre Pompidou. Ces quatre fantastiques ont le sens d’une avant-garde qui se conjugue au présent. Ils sont donc à suivre évidement.

Informations  pratiques :

27 et 28 janvier à 20h

MPAA Saint-Germain
4 rue Félibien 75006 Paris, métro Odéon.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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