Humour
Madame Foresti Aux Nuits de Fourvière

Madame Foresti Aux Nuits de Fourvière

11 juillet 2015 | PAR Elodie Martinez

L’aventure « Madame Foresti » a débuté il y a un an environ dans les petits cafés-théâtres de Lyon, ville dont est originaire l’humoriste. Le bébé a depuis bien grandi, passant par le Châtelet en novembre puis embrasant le Zénith de Paris en janvier. Public et presse sont unanimes : ce spectacle est une réussite du début à la fin. Du 6 au 12 juillet, Florence Foresti investit le Grand Théâtre Antique de Fourvière durant le festival annuel des Nuits de Fourvière. Malgré les quelques 4000 places et les deux dates rajoutées, le spectacle joué « à domicile » affiche déjà quasiment complet.

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Après, Foresti Party, Foresti & Friends et Mother Fucker, la jeune quadragénaire revient aux sources qui ont fait son succès et à une sobriété qui lui réussit mieux que tout : seule sur scène et sans artifice, l’humoriste est en mouvement permanent et ne quitte pas le public durant l’heure et demie que durent ces tribulations sur fond d’écran représentant en direct la ville de Lyon. On suit ainsi la vie de la femme de 40 ans lambda, forcément mise au yoga, dont les piliers d’éducation de sa fille se résument à crier et courir. L’éducation est d’ailleurs un sujet bien abordé ici, comme lorsqu’elle avoue qu’elle préfère raconter la vérité à sa fille. Le Père Noël n’existe donc pas, de même que les fantômes et les dragons ; « en revanche, les pédophiles et les tueurs en série, oui ». De quoi décomplexer toutes les mamans!

La galerie de personnages que l’on aime tant chez elle est également honorée et voit de nouveaux venus, comme « la maman calme » absolument drôle et ô combien exaspérante pour toutes celles qui en côtoient dans la vie de tous les jours. On reprend donc l’histoire avec sa fille en continuité avec son dernier spectacle, mais tout ne tourne pas autour : celle qui est au centre de toutes les attentions de Florence Foresti est bel et bien la femme d’aujourd’hui, quel que soit son âge. Elle souligne donc avec un humour intelligent sa condition de femme en 2015, pas forcément mère aguerrie, mais aussi celle des jeunes femmes en devenir qui n’ont plus que « le gang des string » pour modèles. En redonnant vie à Arletty lors de son monologue final, elle ne fait qu’appuyer ce triste constat. Il est effectivement temps de relever la tête et de se faire appeler « Madame ».

Rarement un spectacle d’humour a su allier avec autant de finesse et de dextérité tant de drôlerie avec un rythme digne d’un grand maestro dirigeant Mozart (sur 1h30 de spectacle, vous devriez rire environ 1h20, les 10 minutes non comptées étant les pauses pour reprendre votre respiration), mais aussi un message réellement fort, parfaitement entendu, sans pour autant paraître moralisateur. Avouons-le : si ce spectacle n’est pas parfait, ce n’est que pour laisser la place au perfectible.

Malgré le tarif élevé pour un festival, n’hésitez à pas un instant et courez acheter l’une des ultimes places restantes. Pour ceux et celles qui n’auront pas la chance de la voir cette semaine, il vous faudra vous rendre à Solliès-Pont le 18 juillet ou bien aux arènes de Nîmes le 19, à Carcassonne les 29 et 30 ou encore à Vaison la Romaine le 4 août. Pour la revoir à Lyon, ce ne sera pas avant le 19 décembre à la Halle Tony Garnier (voir l’ensemble des dates sur le site officiel). Ne doutons pas un instant que les lyonnais seront toujours au rendez-vous et enthousiastes, eux qui aiment sincèrement cette gône du pays, comme en attestent la standing ovation et la pluie de coussins à la fin de la soirée!

Plus qu’une chose à dire : merci Madame Foresti. Indubitablement, vous êtes ici une madame, et une grande!


Florence Foresti, drôle de madame par MagEntreeLibre

©Joël Philippon/Photo PQR/Le Progrès
©AndreD (pour les deux dernières)

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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