Danse
Pucie, la danse organique de la Cie Sapharide sent bon à Avignon

Pucie, la danse organique de la Cie Sapharide sent bon à Avignon

20 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ok, c’est génial. On va commencer comme ça, comme vous n’avez pas beaucoup de temps chers lecteurs, on va dire : allez voir Pucie à 11h25 au Théâtre de L’Oulle. Voilà, c’est noté ? Maintenant, on vous parle.

Cuisine (et indépendances)

En interview l’été dernier, les chorégraphes (et danseuses) Julie Botet et Mélanie Favre nous disaient cela : « Nous aimons travailler avec les fruits et légumes, la matière juteuse et colorée nous permet de connecter avec la chair, l’eau, le sang, les viscères et de penser un érotisme brut et animal ». Et bien ? Elles s’exécutent ! Elles, se sont en alternance Julie Botet, Lora Cabourg, Mel Favre, Elodie Cottet, Marie Sinnaeve et Laura Simonet. Et, elles se mettent à table. Et elles sont trois autour d’une table ronde dans un espace pour l’instant totalement immaculé. 

Elles ouvrent une pastèque de leur buste et de leur main, bien violemment, et très vite, plus rien n’est immaculé. Elles vont convoquer les gestes qui étaient ceux de la féminité jusqu’au moins la deuxième partie du XXe siècle et qui le sont encore parfois : équeuter, pétrir… La pastèque, vidée, devient un espace vide, un ventre qui peut singer une grossesse, et ces filles là disent bien qu’être une femme ne se résume pas à être une mère.

Incarner 

Elles le disent en mouvements. Leur danse cherche le sol, elles martèlent dans une forme de tribalité qui n’a rien de traditionnel. Leur danse est communicative, elle passe dans nos corps, et on se sent onduler comme elles sur nos sièges inconfortables. Elles se jouent du risque de ce plateau désormais liquide, qui glisse (et qui donc sent très bon !). Il y a du sang dans les pastèques, celui des règles, celui des violences, mais elles n’expliquent rien, elles ne montrent rien et tout est pourtant si clair.

Le geste est très bien écrit, il ne se prévoit pas et se déguste. Il part du bassin et circule du bas vers le haut dans une circularité qui leur apporte de la vitesse.

La pièce avance dans une belle lumière et dans des images puissantes, où elles montent se déshabiller, avec beaucoup de calme et redeveniennent elles-mêmes, comme si elles étaient des reines. Elles sont autant héritières de Marina Abramovi? que de Phia Menard. C’est Brillant.

A voir, donc, jusqu’au 31 juillet, dans le Off, au Théâtre de l’Oulle, relâche les lundis, à 11H25, durée 50 mn.

Visuel : ©Bertrand Rey

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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