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Renaud Capuçon et Michel Dalberto : Trois sonates en duo au Festival Radio France Occitanie Montpellier

Renaud Capuçon et Michel Dalberto : Trois sonates en duo au Festival Radio France Occitanie Montpellier

20 juillet 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le festival Radio France Occitanie Montpellier accueille le violoniste Renaud Capuçon et le pianiste Michel Dalberto, le 16 juillet à 20 heures à l’opéra Berlioz-Le Corum de Montpellier. Ils interprètent les sonates pour piano et violon de Gabriel Fauré, Edward William Elgar et Richard Strauss. Le concert est diffusé en direct sur France Musique.

Gabriel Fauré, Edward Elgar, Richard Strauss. Leurs trois sonates pour piano et violon renvoient à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Elles sont typiquement postromantiques et remarquables par l’équilibre qu’elles assurent entre les deux instruments. Les deux dernières restent rarement jouées en concert. Ce soir la musique est servie par deux solistes d’exception. Le violoniste Renaud Capuçon (né le 27 janvier 1976 à Chambéry), chambriste passionné, a souvent joué avec le pianiste Michel Dalberto (né à Paris le 2 juin 1955), également spécialiste réputé du répertoire de la musique de chambre. La solidité de son jeu pianistique, sa force tranquille, sa puissance et sa sérénité se marient parfaitement avec le timbre profond, chaud, chantant du violon de Renaud Capuçon.

Fauré fougueux

Le concert débute par la première sonate de Gabriel Fauré en La majeur (opus 13). Composée à Sainte-Adresse (près du Havre) en 1875 et créée deux ans plus tard à Paris, elle incarne un renouvellement de la musique de chambre française et rencontre un vif succès. Fauré reçoit alors les félicitations de Camille Saint-Saëns, son ancien professeur. Le premier mouvement, allegro molto, est une ballade romantique, amoureuse, un dialogue harmonieux entre les deux solistes. L’andante est une complainte lente, l’atmosphère est recueillie, presque religieuse. La simplicité et la pureté de cette musique sont émouvantes. Le scherzo est vif entraînant, rythmé, il pourrait rappeler une danse tsigane. Les cordes pincées, les accords vigoureux lui donnent un caractère plaisant, malicieux, expliquant son succès immédiat. Le final, allegro quasi presto, est impétueux, le piano forte apparait dans toute sa puissance et la fin est particulièrement fougueuse.

La sonate d’Elgar

Edward William Elgar (1857-1934) est un compositeur anglais, connu surtout pour sa musique symphonique. Autodidacte, catholique, d’origine modeste, il acquerra néanmoins une image de compositeur officiel. Son unique sonate pour piano et violon est une œuvre tardive, composée à près de soixante-dix ans alors que le compositeur vivait retiré à la campagne dans le Sussex. Il a écrit « une œuvre tour à tour flamboyante et intime ». L’entrée dans l’allégro Risolato est éclatante, les contrastes frappants : l’énergie, le souffle romantique alternent avec des moments de tendre dialogue entre le violon et le piano. L’intensité dramatique est maximale à la fin du premier mouvement. Le deuxième, Romance : andante est superbe. La musique est syncopée, malicieuse, elle évoquerait pour le compositeur les esprits vivant dans la forêt voisine. Puis la musique devient mélodieuse, émouvante, exprimant l’amour romantique. Le troisième mouvement allie véhémence et douceur et révèle toute la virtuosité des deux interprètes.

Strauss contrasté

Richard Strauss (1864- 1949), compositeur et chef d’orchestre, est connu pour ses poèmes symphoniques et ses opéras. La sonate pour violon et piano en mi bémol majeur a été créée en 1888 à Munich, le compositeur est au piano. L’allegro « ma non troppo » offre à l’auditeur une ambiance symphonique. Les accents sont héroïques, le piano joue quasiment le rôle d’un orchestre, la marche musicale est triomphale. L’andante cantabile appartient à la tradition du Lieder rappelant la musique de Schubert. Le chant du violon apparait dans toute sa beauté, sa profondeur. Le troisième mouvement débute par une longue entrée du piano, pathétique, passionnée. Les contrastes sont frappants, puissance et douceur mélodique se succèdent. La musique devient un combat, la performance des deux interprètes est époustouflante.

« Les sonates en duo » est un concert remarquable par l’originalité des œuvres programmées. L’expressivité, la tonicité, la passion, pourraient caractériser l’interprétation de ces trois sonates par Renaud Capuçon et Michel Dalberto, interprétation qui ne pourra que séduire l’auditeur.

visuel © Luc Jennepin

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Jean-Marie Chamouard

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