Théâtre
Gulliver dépasse les normes au Festival d’Avignon

Gulliver dépasse les normes au Festival d’Avignon

25 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Présenté au Festival d’Avignon, le travail de Madeleine Louarn et Jean-François Auguste nous emmène dans un autre monde qui porte en lui des dysfonctionnements fantastiques et merveilleux.

Le duo de metteurs en scène adapte donc ce voyage moins connu, le troisième qui entraîne le héros, ici l’héroïne, sur l’Île volante de Laputa que Miyazaki a insufflé dans son Château ambulant. Dans le conte, l’histoire se passe dans un monde fantastique peuplé d’êtres étranges et différents. Et c’est la raison d’être de cette pièce.

En effet, la troupe est composée d’acteurs et d’actrices issu.es de l’Atelier Catalyse. Tous sont handicapés mentaux. Mais sur scène, il n’y a qu’une seule troupe, formidable et consciente d’elle-même. Au plateau se trouve un souffleur qui au cas où, mais c’est très rare, apporte un mot de relance.

Gulliver (Manon Carpentier) arrive donc, en combinaison orange et affamée dans cette terre étrange où tout le monde se trimbale sur des chariots et dit des trucs bizarres. Du genre que la musique ça nourrit par exemple, et cela étonne beaucoup notre aventurière qui n’est pas au bout, tout comme nous, de ses surprises.

Dans une allégorie très actuelle, le monde se divise en deux, celui du royaume volant et celui d’en bas où d’autres êtres cherchent bien sûr à couper la tête du roi.

Les histoires sont délirantes, foncent dans le potache assumé et nous plongeons avec eux. Mais la pièce n’est pas qu’une farce, elle parle de la mort et de la fin car dans ce voyage, le dernier, Gulliver rencontre des immortels qui sont des âmes en peine. L’occasion pour Louarn et Auguste de sortir du rire pour entrer dans la beauté d’un bal aux allures de Pina Bausch.

La pièce de Jonathan Swift prend ici une tessiture militante qui vient dire que, les personnes handicapées doivent se montrer comme des individus, comme des humains égaux aux autres humains. Dans ce voyage, ils offrent une superbe qualité de jeu, et nous entraînent entre deux mondes où nous aurions envie de flotter encore longtemps.

Avec : Tristan Cantin, Guillaume Drouadaine, Manon Carpentier, Emilio Le Tareau, Christelle Podeur, Jean-Claude Pouliquen, Sylvain Robic

A la MC93 du 3 au 6 février. A partir de 7 ans.

Visuel : ©Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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