Comédie musicale
Airnadette au Trianon : la comédie « musiculte »

Airnadette au Trianon : la comédie « musiculte »

12 octobre 2015 | PAR Simon Théodore

Vendredi 9 octobre, le Trianon accueillait, pour une performance musicale endiablée et mise en scène par Pierre-François Martin-Laval, la troupe Airnadette. Accompagné de Michel Vedette, ces six comédiens ont transformé, pendant quelques heures, cette magnifique salle du Boulevard de Rochechouart en un lieu de danse, de rires et de communion…

Il est un peu moins de 20h du côté du métro Anvers. Une bande de copains aux looks atypiques s’engouffre dans le théâtre. Coiffés de perruques roses et jaunes, vêtus d’habits repoussant dans ses retranchements la mode du glam et portant fièrement des guitares gonflables, ces originaux se positionneront immédiatement devant la scène. À l’évidence, leurs accoutrements contrastent avec ceux des autres spectateurs venus remplir un Trianon affichant complet. Pour eux, comme pour nombre de fans présents, cette dernière date à Paris sera un moment de plaisir intense…

Pour ouvrir le bal, Michel Vedette investit la scène en compagnie de deux danseuses et d’un Dj « pas mal ». Sa prestation sera très courte et perturbée par un problème de micro. Par conséquent, les chorégraphies qu’il se charge d’enseigner, durant son cours de danse, seront difficilement négociées. Le comédien danseur fait partie de ces artistes dont l’art est difficilement appréciable. Certains crieront au génie, d’autres s’ennuieront profondément… Néanmoins, pour le plus grand bonheur de son public, il aura le temps d’interpréter son fameux hit « Comme un Aigle ». Que l’on aime, ou non, ce genre de sonorité, force est de constater qu’il aura transformé la fosse en une véritable piste de danse.

Après un entracte, les lumières s’éteignent, cette fois, pour de bon. Par l’intermédiaire d’une vidéo, Catherine et Liliane (les célèbres secrétaires de rédaction travesties du Petit Journal), souhaitent une bonne soirée à l’assemblée. Très vite, c’est l’impression que cette « comédie musiculte » se déroulera dans la bonne ambiance qui gagne. Au « air pipeau », Château Brutal arrive sur les planches le premier. Alors que les premiers échanges mélangent des répliques issues de Matrix et de Brice de Nice, le comédien à la dense chevelure sera progressivement rejoint par les autres membres du « air band » Airnadette (M-Rodz, Gunther Love, Moche Pitt, Scotch Brit et Jean-Françoise). Pendant plus d’une heure, rythmée par une bande son frénétique, il s’agira de mimer des répliques far du septième art et de faire semblant de jouer de la guitare ou de la batterie. D’ailleurs, certains de ces artistes ont remporté des prix lors de compétitions mondiales de « air guitar ».

De Korn à Diams en passant par Florent Pagny et la comédie musicale Roméo et Juliette, les inspirations de cette troupe sont nombreuses. De la même manière, les dialogues sont constitués d’extraits de films comme Titanic, Die Hard ou encore Les Lascars. Pour le spectateur, le jeu consiste alors à reconnaître rapidement les différentes séquences et à se transporter dans ces différents univers. Cependant, celles-ci ne durent que quelques secondes et il est, parfois, bien difficile de suivre les différentes frasques et de comprendre la trame du spectacle. Un autre membre de la troupe, Philippe Risotto, se charge d’être le manager, de raconter l’histoire de ce groupe et de diviser le show en plusieurs actes. Parfois lourdes, parfois drôles, ses interventions permettent, néanmoins, de respirer et elles ralentissent, de plus, le rythme d’une prestation très bien ficelée et millimétrée.

En somme, la comédie musiculte d’Airnadette est un divertissement très plaisant. Le public a dansé, a rit et, à nombreuses reprises, fait tremblé le plancher du Trianon. De plus, le paysage sonore et cinématographique, ratissé par ces six artistes, est très varié. La culture et l’esprit rock de la formation est très solide et cela se ressent fortement. Ainsi, pour plus de communion et un final détonnant, chacun des personnages s’élancera, dans le public, pour une partie de jambe en l’air. Tour à tour, ils slameront, parfois jusqu’au bout de la salle, et seront portés, en rockstar, par un public conquis. Enfin, avec ce spectacle déjanté, Airnadette démontre qu’il n’y a rien de ridicule à chanter dans un peigne ou à se prendre pour Jimi Hendrix avec son manche à balais…

Visuel : Affiche du spectacle

Blondie et Brunette, l’imagination au pouvoir
« L’Iguifou (Nouvelles rwandaises) » de Scholastique Mukasonga, une enfance en sursis.
Simon Théodore

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *