Théâtre
Blondie et Brunette, l’imagination au pouvoir

Blondie et Brunette, l’imagination au pouvoir

12 octobre 2015 | PAR David Rofé-Sarfati

Blondie et Brunette ont traversé les années, les bouleversements intimes et la grande histoire du XXe siècle en restant les meilleures amies du monde. L’affiche nous questionne : vous n’avez jamais imaginé la vie de votre grand-mère ? L’aurions-nous dû ? Certainement, répond la pièce.

[rating=4]

Dans un récit enchâssé à la Stefan Zweig, deux ados racontent la vie de leur grand-mère. Ils découvrent une aventure forte d’amitié entre deux femmes. Ils collectent les émotions, fouillent les détails, soutiennent ce qui fait sens.

Les auteures maîtrisent parfaitement l’art du récit. Étonnamment, la première scène, trop rapide et sur jouée, ne fonctionne pas. Mais l’entrée d’Anne-Laure Maudet en curieuse ingénue nous attrape et lance l’intrigue. Le talent de Faustine Pont en Brunette, féministe et farouche, celui d’Émilie Lecouvey en Blondie, timide et velléitaire finissent de nous faire adhérer à la proposition des auteures. Le texte est beau, la mise en scène précise. Deux scènes de chansons sont magnifiques. Les autres comédiens ne sont pas en reste.

Blondie et Brunette est écrit, mis en scène et produit par de jeunes créatrices, Leah Marciano et Émilie Belina Richard. En professionnelles consciencieuses, elles sont présentes chaque soir avant, pendant et après le spectacle. De leur propre aveu, c’est leur amitié qui fut la source de leur inspiration. Elles se ressemblent un peu, l’une blonde l’autre brune.  C’est à partir de bribes d’informations collectées et de témoignages recueillis que sont imaginées la vie de Blondie et de Brunette, leur amitié, leurs pensées et leurs émotions. Les auteures se projettent. Elles imaginent par le truchement de l’écriture leurs vies à venir. Cette pièce a de l’esprit pour cela qu’elle prouve que l’on imagine sa vie plus facilement lorsqu’on a su imaginer celle de ses parents. Et lorsque cette imagination en passe par la création artistique, elle devient un rêve. Ici, nous sommes au théâtre, la présence du public accomplit quelque chose ; le rêve mis en scène devient performatif. L’imagination est au pouvoir. Les auteures se seront rêvées un peu grâce à nous et, séduit par le texte, on se laisse faire, par goût pour l’amitié.

Reste à aller voir cette pièce intelligente et épatante pour s’imaginer un peu soi même.

 

Blondie et Brunette, Théâtre Le Proscenium, 2 Passage du Bureau, 75011 PARIS jusqu’au 31 octobre 2015.

David Rofé-Sarfati

 

Visuel : DR

 

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