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Le Clown du Rocher de Jean Lambert-wild : une véritable expérience sensorielle

Le Clown du Rocher de Jean Lambert-wild : une véritable expérience sensorielle

28 août 2017 | PAR Terence Gerber

A l’occasion du Festival La Route du Sirque, Jean Lambert-wild nous a fait découvrir son troisième opus du triptyque Le Clown Parleur, la calenture N°227 : Le Clown du Rocher. Pendant une quarantaine de minutes, les spectateurs ont pu apprécier le jeu d’artistes-bousiers interprété par Jean Lambert-wild et Martin Palisse, mais aussi écouter la douce voix de Laure Wolf qui, parée de son habit blanc, récitait le texte écrit par Catherine Lefeuvre. Plus qu’une représentation clownesque, c’est une véritable expérience sensorielle que le public, chanceux, a pu vivre.

Pour le troisième volet du triptyque Le Clown Parleur, le très créatif Jean Lambert-wild, directeur du Théâtre de l’Union-Centre Dramatique National du Limousin, a choisi de s’associer avec le jongleur Martin Palisse qui, entre-temps, est aussi le directeur du Sirque, Pôle National Cirque de Nexon Région Nouvelle Aquitaine. A travers Le Clown du Rocher, les deux pointures du cirque interprètent respectivement un clown blanc-poète et un jongleur-poète, dont la particularité est d’être mi-homme mi-bousier. Cette caractéristique, pour le moins incongrue au genre humain, vient du texte en lui-même.

Celui-ci est inspiré du mythe de Sisyphe d’Albert Camus, où l’insecte, par son attrait irrésistible à la bouse, est une parfaite représentation de Sisyphe. En raison de son désir fécal immuable, le bousier ne peut imaginer autre vie que celle, solitaire et heureuse, qui consiste à faire rouler une boule sphérique. Jean Lambert-wild justifie le choix du coléoptère en affirmant que « c’est une très belle métaphore de la condition de l’artiste, et puis même de l’humain en général. » Tel le fondateur de la ville mythique de Corinthe, le scarabée est voué à recommencer inlassablement la même chose.

Après avoir créé Le Clown des Marais à Singapour puis prochainement, toujours à Singapour, en compagnie de Marc Goldberg et Catherine Lefeuvre Le Clown du ruisseau, Jean Lambert-wild s’est parfaitement immiscé dans la peau de son clown – blanc. N’hésitant pas à mouiller son fameux pyjama, ce dernier dispose d’une palette importante de mimiques, aussi bien faciès que gestuelles, qui rend l’expérience plus intense. Jamais très loin, son acolyte, le jongleur-bousier, par sa maîtrise des boules, ajoute à ce duo une diversification du langage corporel.

Comme un pantin, Laure Wolf articulait le texte dont les mots venaient finir leur course dans les arbres qui entouraient le lieu magnifique de la représentation. C’est un de ces espaces qui permettent d’isoler les mots ainsi que les émotions qui les unissent. Tous les sens étaient en éveils. L’air, chargé de remontées vaseuses, ainsi que l’ouïe, bercée par les ondes sonores produites par la conteuse, se mêlaient au décor naturellement beau et à la représentation talentueusement belle. Heureusement que les dizaines de boules rouges, qui rappelaient la besogne du bousier, étaient là. Par leur symbolisme, c’étaient elles qui permettaient aux spectateurs de les ramener sur terre.

https://vimeo.com/231237581

 

Le Clown du Rocher
Calenture N° 227 de l’Hypogée pour acteur dévoré par son clown et jongleur mangé par ses balles
Jean Lambert-wild, Martin Palisse & Catherine Lefeuvre

Distribution :
Avec Jean Lambert-wild, Martin Palisse & Laure Wolf
Texte : Catherine Lefeuvre
Costumes : Annick Serret
Couturière : Noémie Laurioux
Musique : Jean-Luc Therminarias
Régie son : Christophe Farion
Régie générale : Claire Seguin

Pour en savoir plus sur le travail de Jean Lambert-wild, cliquez ici.

Visuel : © photos Tristan Jeanne-Valès / vidéo François Royer

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Terence Gerber

Une réflexion sur « Le Clown du Rocher de Jean Lambert-wild : une véritable expérience sensorielle »

Commentaire(s)

  • Melanie

    Magique! Je n’ai pas l’impression d’avoir vu un spectacle mais plutot d’avoir vécu une sorte de reve eveillé, je ne sais pas encore si tout ce que j’ai vu etait bien reel ou si c’etait le produit de mon imagination! J’espere pouvoir le revoir l’année prochaine…

    août 29, 2017 at 14 h 58 min

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