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Johanne Humblet : « La stabilité dans l’instabilité… N’est-ce pas ça la vie ? »

Johanne Humblet : « La stabilité dans l’instabilité… N’est-ce pas ça la vie ? »

29 septembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les Filles du Renard Pâle présentent Résiste le 13 octobre à la Scène Nationale de l’Essonne, un volet du triptyque, Résiste / Respire / Révolte, qui repense sérieusement la notion d’équilibre ! Rencontre.

 

 

Vous présentez en octobre, un spectacle, Résiste, à la Scène Nationale de l’Essone. La pièce date de 2019. Dans quel contexte avez-vous pensé ce spectacle et pourquoi ?

Résiste est un spectacle que je construis depuis un peu plus de 4 ans, depuis la naissance des Filles du Renard Pâle. La sortie de création était en mai 2019. Je voulais parler de la notion de résistance, tenir sur un fil sans en descendre, d’en prendre plein la figure mais d’être toujours là, à tenir debout et continuer sa route malgré les embûches que nous rencontrons ! La notion de risque est très présente dans mon travail. Comme dans la vie, pour moi, il faut prendre des risques pour pouvoir avancer. Oser l’amour est peut-être un des plus vertigineux risques que l’on puisse prendre… 

Pourquoi ce thème ? Certainement parce qu’il est lié à ma vie, à mes combats personnels, à ma vision des choses et à cette envie de porter la voix pour amener les gens à se dire que tout est possible, qu’il suffit juste de le vouloir. Le meilleur des retours que j’ai eu à la fin des représentations est : « Merci ! Maintenant je me sens plus fort(e) et j’ai envie de faire plein de choses. » Résister et avancer !

Il est question ici d’équilibre et d’instabilité. Vous parlez de « fil instable ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Le funambule ne cherche-t-il pas justement la stabilité ?

La stabilité dans l’instabilité… N’est-ce pas ça la vie ?

Quand tout s’effondre autour de nous, comment rester encore là, debout, le regard porté vers l’avant ?

Ce spectacle est novateur dans mon approche du fil et du balancier. J’ai développé un travail, une technicité très personnelle et particulière.

Autour de moi, rien n’est réellement stable. Et, ce qui paraît solide et fort, ne l’est finalement peut-être pas ! C’est comme une métaphore de la vie…

Résiste est donc un pas de deux si je comprends bien ? Funambule et musique.  Pouvez-vous me parler de la musique justement ? Quelle est sa fonction ?

La musique a une part aussi importante que le fil dans le spectacle. Violette, la chanteuse, n’est pas là uniquement pour accompagner. Elle joue un personnage qui a un rôle très important. Nous sommes deux personnes différentes, avec des énergies assez opposées, qui apportent un contrepoint et un soutien, malgré que le fait que chacune est face à ses embûches personnelles ! Elle apporte de l’humour et de l’intensité.

La pièce est pensée pour l’extérieur et l’intérieur. Qu’est-ce que cela change ?

Ce sont deux formes qui ont la même trame, bien évidemment, mais qui diffèrent. Jouer dans la rue, ce n’est pas pareil qu’en salle. Nous avons deux créations lumière distinctes. Le jeu et le rapport au public sont différents et il y a des scènes qui ne sont pas les mêmes non plus. C’est une richesse d’avoir ces deux versions car cela nous apporte des situations de jeu très différentes, ce qui nous nourrit d’autant plus.

Enfin, est-ce que l’épidémie de coronavirus a eu des conséquences sur vos projets ?

Des conséquences sur le planning, des conséquences sur nous, sur nos émotions…, évidemment. Quand nous jouons un spectacle, nous le jouons avec tout notre être et ce qui le remplit. Nous sommes aujourd’hui tous plus fragiles, sensibles, avec des émotions très fortes en montagnes russes… Mais rien ne nous arrêtera ! Nous avons besoin d’aller à la rencontre du public, de vivre, de s’exprimer, d’échanger… Les envies et les projets sont plus que présents, je suis en pleine écriture de Révolte ou tentatives de l’échec, qui est le troisième volet du triptyque Résiste / Respire / Révolte. Nous continuons de créer !

Informations pratiques :

Résiste, le mardi 13 octobre à 20h au Théâtre Éphémère, 7 rue Père André Jarlan, Évry-Courcouronnes

Scène nationale de l’Essonne

Tarif plein : 11€

Tarif réduit (bénéficiaire de l’aah, du RSA, moins de 12 ans) : 6€

Tarif groupe (à partir de 8 personnes) : 9€

Retrouvez l’actualité des Filles du Renard Pâle sur leur site Internet (ici) et sur leur compte Instagram (ici).

Visuel : ©Kalimba

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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