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[Live-Report] WOMAD, de l’ouest anglais au reste du monde, le festival de toutes les musiques

[Live-Report] WOMAD, de l’ouest anglais au reste du monde, le festival de toutes les musiques

27 juillet 2015 | PAR Melissa Chemam

Le festival WOMAD – World of Music, Art and Dance – lancé en 1982 par Peter Gabriel dans le sud-ouest de l’Angleterre, s’est depuis étendu sur d’autres continents (Espagne, Italie, Australie, Nouvelle-Zélande, etc). Pour cette 33ème édition, il brille encore une fois par sa diversité : du chanteur sénégalais Cheikh Lô au groupe de hip-hop légendaire De La Soul, de l’Ethiopienne israélienne Ester Rada à l’Ivoirien légende du reggae ouest-africain Tiken Jah Fakoly, en passant par le DJ pionnier de Bristol, Daddy G, membre du groupe Massive Attack. Reportage à Chalton Park, dans le Wiltshire, Angleterre.

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Le WOMAD est le point de rencontre entre un pays extrêmement riche musicalement, le Royaume-Uni, sur ses terres culturellement fertiles du sud-ouest, et de ses multiples influences et passions, venant des cinq continents. Rendez-vous de multiples talents, le festival attire forcément des artistes locaux.

Incarnation de la musique de l’ouest de l’Angleterre
C’est le cas de Lady Nade, de son vrai nom Nadine Gingell, venue de Bristol. C’est sous une pluie battante qu’elle quitte vendredi matin son quartier de St Werburghs, connu pour sa superbe ferme urbaine et ses légendaires soirées sound systems reggae, qui ont fait le son de Bristol. Ce concert est son premier lors du festival de renom. « Je suis venue l’an dernier en spectatrice et je savais que l’année suivante je serai ici sur scène ! », s’enthousiasme Nade. Tentes, parapluies, sandwiches et rhum coca sont prêts ; le mini van peut démarrer !

Au sein de sa formation, Nade est accompagnée par trois musiciens : le guitariste Seb Gutiez, un Français vivant à Bath, le contrebassiste de Bristol Dan Everett, qui compose avec elle nombre de ses morceaux, et le jeune batteur Mike Cooper. Nade travaille également avec Allan Keen, son producteur et co-auteur, également fondateur du label indépendant Kitchen Studio.

https://soundcloud.com/lady-nade/minds-made-up-wav

Le groupe est déjà bien connu de la scène de Bristol, où il se produit régulièrement comme ce dimanche dans le quartier de Clifton, après ses deux concerts du WOMAD. Lady Nade a produit cette année un premier single, ‘Mind’s Made Up’, qu’elle a présenté sur la scène du Molly’s Bar du WOMAD, qui accueille de nombreux musiciens de l’ouest de l’Angleterre. Née à Bristol en 1988, d’une mère anglaise et d’un père de Sainte-Lucie et La Barbade, Lady Nade s’est formée au chant et à la guitare à partir de seize ans et se produit dans la région depuis trois ans. Sa musique, qu’elle décrit comme de la « folky soul moderne » s’inspire aussi bien des grandes ‘ladies’ du jazz, dont Nina Simone et Ella Fitzgerald en tête, que de Leonard Cohen, Lianne La Havas ou encore Anthony and the Johnsons et Maroon 5.

Pour ses textes, elle construit un univers personnel qui parle d’amour, de pertes et déceptions mais surtout d’espoir. « Bristol a beaucoup à offrir aux jeunes musiciens, mais il est temps pour moi d’en sortir et de partir en tournée », explique Nade, qui rêve de jouer à Paris. Son premier album sortira en en octobre, suivi d’un second single en novembre et d’une tournée en Angleterre.

D’un petit village anglais au monde
L’un des crédo du WOMAD est d’associer ces nouveaux talents aux grandes stars, de lier des Britanniques et des artistes connus aux quatre coins du monde, mais aussi de présenter au-delà de la musique de la danse, des performances, des conférences, débats et films.

Parmi les grands noms invités cette année : sur la scène de la Siam Tent, vendredi soir, la chanteuse algérienne Souad Massi a offert une performance éblouissante, pleine de ravissements, mêlant percussions traditionnelles, guitares rock, chants d’une superbe profondeur, pour la plupart en arabe, et envolées soul. Son batteur et son percussionniste traditionnel ont immédiatement séduit l’assemblée.

Egalement au programme de cette édition : les Maliens du désert de Tinariwen, le nigériens de Tal National, les jumelles franco-cubaines incontournables cette année d’Ibeyi, le mythique groupe de hip-hop new-yorkais De La Soul, ou encore les stars montantes en Grande-Bretagne, Ghostpoet et Laura Mvula, le dernier soir. Parmi les incontournables : l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly a délivré une prestation enthousiasmante de son reggae ouest-africain, et le DJ Daddy G, membre du groupe culte de Bristol Massive Attack, a littéralement enflammée la Red Tent du festival, remplie à craquer d’un public de fans de reggae et dubstep de tout âge.

Parmi les découvertes, citons la merveilleuse chanteuse de jazz israélienne Ester Rada. D’origine éthiopienne, elle mêle chant en anglais, percussions et cuivres à la new-yorkaise et rythmes traditionnels est-africains à sa voix puissante. Un ravissement. Son hommage à Nina Simone restera dans les annales du festival.

Autres découvertes : l’Anglo-soudanais installé à New York Ahmed Gallab ou encore le Néo-zélandais qui décline à sa sauce une forme de country music entre blues et folk, Delaney Davidon.

Mentionnons également le collectif congolais époustouflant Mbongwana Star. Il réunit deux chanteurs, Coco et Théo, leur guitariste surnommé Erneuf, tous de Kinshasa, et le bassiste Doctor L., de son vrai nom Liam Farrell, irlandais basé entre Paris et le Congo.

Cette édition du WOMAD anglais confirme son statut de plus grand festival de « musique du monde », une expression dans laquelle la plupart des musiciens présents ne se reconnaissent plus, mais qui a le mérite de décrire la diversité musicale rassemblée par ses programmateurs.

visuels : MC

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