Musique

« Transmettre des valeurs positives, libres et engagées » : Rencontre avec Yannick Rouillon du Sziget Festival

« Transmettre des valeurs positives, libres et engagées » : Rencontre avec Yannick Rouillon du Sziget Festival

13 mai 2019 | PAR Lou Baudillon

Le Sziget, festival de musique hongrois qui a lieu chaque été à Budapest sur les bords du Danube, s’est imposé depuis plus de 20 ans comme l’un des meilleurs festivals du monde. En plein cœur de l’Europe, il propose de vivre une semaine de paix et d’amour sous le bon augure d’une line-up toujours impressionnante, résolument universelle. Yannick Rouillon, directeur des partenariats et de la communication du Sziget Festival en France, a répondu à nos questions.

 

Quelles sont les origines du festival ?

Le Sziget est né en août 1993, suite à la vague de libération post régime communiste qui s’est répandue en Hongrie et à Budapest au tout début des années 90.  L’idée était de créer le contraire des « camps d’été de jeunesse communistes », donc lors des premières éditions, le Sziget était baptisé « l’île des étudiants », avec la volonté de durer plus d’un week-end contrairement à la plupart des festivals existants, en partant sur le format inédit d’une semaine. L’objectif premier du fondateur a été de créer un festival avec des artistes internationaux pour réunir un public international. L’ampleur du festival s’est construite au fil du temps, avec « seulement » 43 000 festivaliers en 1993, et l’an dernier une édition record avec 565 000 festivaliers sur les sept jours.

Comment pensez-vous la programmation, dans quels objectifs, avec quels points de repères ? On remarque toujours une grande attention portée à représenter des musiques qui viennent de tous les coins du monde et qui sont de tous les styles. Est-ce une spécificité du festival ?

L’objectif est de proposer chaque année la programmation la plus éclectique et la plus internationale possible, que l’on ne retrouvera dans aucun autre festival. Le but étant de faire venir des grosses têtes d’affiche pour rassembler un public conséquent, qui pourra découvrir des talents émergents et inconnus tout au long de la semaine. L’équipe de programmation met désormais également un point d’honneur à la musique électronique, à tel point qu’il y a désormais deux scènes principales qui en proposent : l’Arena et le Colosseum.

Quelle place accordez-vous à la francophonie  ?

Historiquement, le public francophone était autrefois le public le plus présent sur place après le public local hongrois. La communauté francophone représente aujourd’hui la troisième communauté la plus présente sur place derrière les Hongrois et les Hollandais. Entre 50 000 et 80 000 festivaliers francophones se rendent au Sziget chaque année. Le Sziget connaît une renommée importante en France et a toujours su séduire le public francophone (qui est très amateur de festivals de façon générale) tant par sa programmation, que par l’originalité et la richesse de l’événement par rapport aux festivals français : sept jours de festival, tous styles musicaux, de l’art, du théâtre, du cirque, cinéma, animations, etc. Il y a environ chaque année une trentaine de groupes et compagnies francophones programmées sur la semaine.

Comment gère t-on un festival d’une telle envergure ?

C’est une équipe de 50 salariés qui travaillent au Sziget à l’année depuis Budapest en ajoutant des équipes locales (allant de 2 à 6 personnes) dans les plus grands pays européens (Hollande, Allemagne, Angleterre, France, Italie, Espagne, Belgique, etc). Bien évidemment, avant, pendant et après le festival, une armée de bénévoles, de techniciens, monteurs, sécurité, etc. rejoignent les équipes durant l’intégralité du festival pour en assurer le bon déroulement.

Les mots d’ordre sont « love » et « freedom », est-ce que cela témoigne d’un message fort adressé au monde aujourd’hui ? Est-ce que cela donne le ton de la vie pendant le festival ? Qu’est ce qui est mis en place pour créer cette « ambiance utopique » ?

Le slogan « Island of Freedom », traduit « île de la Liberté », a été un pied de nez au Premier ministre Orban lorsqu’il a voulu renommer le pays « République de Hongrie ». L’idée est de réussir à transmettre des valeurs positives, libres et engagées durant une semaine à la jeunesse du monde entier. À travers des stands, des conférences, des musées présents sur l’île (partenariat avec le musée de l’Immigration de Paris par exemple), l’objectif est de sensibiliser le public à différentes valeurs et causes que l’on peut retrouver ici.

Le festival est assurément le plus important d’Europe à ce jour, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Le Sziget bat chaque année de nombreux records (élu « Festival Préféré des Artistes », « Best Line Up » ou encore « Best European Festival » à plusieurs reprises aux EFA, etc) mais l’objectif pour nous aujourd’hui et de conserver cette place de « Plus Grand Festival d’Europe » tant par sa capacité d’accueil (565 000 festivaliers lors de la dernière édition du festival) que par sa diversité et sa durée : 50 scènes, 500 concerts, pendant sept jours de festival non-stop.    

Retrouvez toutes les informations et la programmations du  gigantesque Sziget Festival ici

 

 

Visuels : ©CC ©Visuels officiels

Le monstre Metallica règne toujours en maître sur son Trône de fer
L’agenda de la semaine du 13 mai
Lou Baudillon

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