Pop / Rock

[Live Report] L’Austin Psych Fest 2014

[Live Report] L’Austin Psych Fest 2014

08 mai 2014 | PAR Eric Debris

Il y a un problème à Austin il s’y passe toujours quelque chose et souvent plusieurs événements en même temps, donc il faut choisir. Le premier week-end de mai, il y avait le Pecan Street festival en centre ville et la 7eme édition du Austin PsychFest dans un ranch au sud-est d’Austin (2-4 mai). Puisqu’il faut choisir ce sera la fiesta psychédélique.

La première édition d’Austin PsychFest a eu lieu en 2008 dans une grange dans le nord d’Austin avec au programme dix groupes. C’est maintenant plus de 90 groupes qui se produisent durant ce qui est en train de devenir le plus important festival néo-psychédélique.

Les choses sérieuses ont commencé dès le jeudi soir avec les deux parties apéritives au Mohawk et Red 7 dont nous retiendrons la pop psychédélique des canadiens d’Elephant Stone, le psychédélisme beaucoup plus noir et teinté d’heavy rock à la Grand Funk Railroad de Slow Motion Rider et le formidable concert des Flamin’ Groovies.

Les mêmes Flamin’ Groovies seront en tournée en France au mois de juin, si certains rescapés des sixties font parfois pitié ici ce n’est pas le cas,  nous ne pouvons que vous encourager à aller les voir. Peut être que Chris Wilson trinquera avec vous…

Flamin Groovies_Chris Wilson

Vendredi, direction Carson Creek Ranch, soleil, beaucoup de soleil, poussière, beaucoup de poussière, la terre argileuse du Texas est bien sèche sous l’herbe, le bandana sur le nez n’est pas un luxe, trois scènes et beaucoup de groupes.

Buffet à volonté

Revenons un peu sur notre sujet préféré : le buffet à volonté, il fut une époque où les groupes psychédéliques de la première génération jouaient dans des festivals où les hostilités commençaient plus tôt le matin et finissaient plus tard dans la nuit, mais où les groupes se produisaient sur la même scène. Certes si vous n’aimiez pas un groupe il fallait se le tartiner en attendant le suivant, mais ca évitait aussi le spectacle désolant de groupes jouant devant un parterre vide alors que tous les spectateurs sont en train de suivre un autre concert devant la scène d’à coté puisque maintenant l’habitude est de multiplier les scènes. Si on veut assister au concert entier d’un groupe on en rate forcément un ou deux autres, la programmation a l’air formidable sur le papier mais la réalité est frustrante. D’où notre préférence pour le menu au buffet a volonté.

Nous avons donc raté quelques groupes comme les très très bons Kadavar alors que certains amis et collègues eux, ne s’étaient pas trompés de scène. Nous nous sommes rattrapés en achetant leurs deux albums. Du coup nous regrettons vraiment d’avoir choisi de voir The Zombies qui ont joué tous les hits, les fans étaient contents, mais franchement ce genre de tour de chant nostalgique digne de « La Croisière s’amuse » n’a à nos yeux (et nos oreilles) aucun intérêt.

La French touch

La programmation faisait la part belle aux groupes français ce premier jour avec trois groupes:
Les excellents et survoltés Eagles Gift qui viennent tout droit d’Angers où Levitation (l’édition française du PsychFest) est organisée.

Aqua Nebula Oscillator et leur psychédélisme mystique ont convaincu le public présent en nombre du début à la fin du concert. Imaginez un voyage écrit par Lautréamont et mis en images par Gustave Moreau, la bande son serait forcément jouée très fort par Aqua Nebula Oscillator.

La Femme nous a très agréablement surpris par leur concert : si leur disque  a plu certains membres de la rédaction, l’équipe de TLC à Austin n’avait pas été convaincue. Les 40 dates de la tournée américaine ont certainement quelque chose à voir avec le show, le son, l’état d’esprit beaucoup plus rock et la direction plus originale qu’ils semblent prendre, en tout cas ils ont vraiment convaincu le public.

Les têtes d’affiche

The Dandy Warhols, The Black Angels et Liars étaient les tètes d’affiche du vendredi.

The Dandy Warhols : C’est bien fait mais avec un parfum d’escroquerie. Depuis une des tournées de leurs débuts que nous avions vue, ici, à Austin, ils nous laissent un sentiment mitigé …

The BlackAngels : le PsychFest c’est leur festival, donc ils y jouent tous les ans, ils sont un peu la quintessence de ce nouveau psychédélisme : des titres longs, des tempo lents et appuyés, des riffs lourds, l’influence omniprésente de Syd Barrett et ce mur de bruit à la Jesus and Mary Chain… Bien servis par un light show sur mesure, ils ont ravis le parterre de fan venus assister à leur garden party.

Liars : notra culpa, à la fin du long concert des Black Angels, nous nous sommes dirigés vers le parking oubliant que les Liars avait commencé leur concert sur la scène voisine…

Le résumé audio du vendredi c’est par ici :

Samedi : démarrage plus lent, les premiers groupes jouent devant peu de spectateurs, fatigue et soleil, beaucoup de soleil, et toujours la poussière, beaucoup de poussière.

Ce que nous avons retenu de la programmation du samedi :

– Le psychédélisme hystérique de Destruction Unit

– Les grands malades mentaux d’Acid Mothers Temple, qui ont passé la moitié du concert à demander dans un japonanglais approximatif s’ils jouaient assez fort et ont terminé le concert en mettant le feu à leur matériel.

Moon Duo ou la rencontre violente de Suicide et d’Hawkwind.

Of Montreal et leur gay psychedelism disco on acid

La vedette de la soirée était l’autre moitie des Dandy Warhols : Brian Jonestown Massacre ou la vraie escroquerie. Si ce même groupe avait joué sous un autre nom sur une petite scène personne ne se serait intéressé à eux plus de 3 trois chansons.

Le résumé audio du samedi c’est par ici :

Dimanche, Mention très bien pour :

Earthless,  un power trio comme dans les années 70, mais en mieux : tous les groupes de heavy rock de ces années là, Grand Funk, Led Zeppelin, Gun etc. adoraient insérer au milieu de leurs chansons des passages instrumentaux qui devenaient des improvisations souvent très longues sur scène et c’est souvent ce que préférait le public. Earthless s’est complètement affranchi de la contrainte chanson et chacun de leurs longs morceaux n’est constitué que de cette partie purement instrumentale et sauvage… Enorme !

Les Bo Ningen ont essayé de gagner le concours du groupe japonais le plus cinglé, s’ils avaient mis le feu à leur matériel ils auraient gagné…

Mention bien pour : Loop, Charlie Magira, Toy et Doug Tuttle.

Mention… non on va rester gentil c’est un festival un peu hippie après tout…

Le résumé audio du dimanche c’est par ici :

Nous n’avons que deux petites critiques techniques à formuler : les light shows psychédéliques c’est bien mais il faudrait prévoir un peu plus de puissance pour éviter que les groupes ne jouent dans la quasi obscurité et la reverb sur les voix, il faudrait lever un peu le pied car à force de vouloir faire psychédélique les voix noyées ça fait plutôt subaquatique.

Quand vous aurez fait un tour en septembre à Angers pour Levitation, nous ne saurions que trop vous inciter à venir à la prochaine édition, et ceci avant que le PsychFest ne devienne trop gigantesque. Ce qui va forcément arriver, après tout on est au Texas où tout est toujours plus grand.

Photos : Eric Debris

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