Pop / Rock
[Live report] Baden Baden à la Gaîté Lyrique : intime et authentique

[Live report] Baden Baden à la Gaîté Lyrique : intime et authentique

16 octobre 2013 | PAR Bastien Stisi

Baden Baden - ColinePas de monnaie en ce début d’automne pour se payer le luxe de la vadrouille aléatoire du côté de l’exotisme germanique de Baden Baden, la station thermale allemande de Bade-Wurtemberg, mais la possibilité de se voir offrir hier soir une balade pop-rock d’un peu plus d’une heure aux côtés du groupe du même nom et de la Gaîté Lyrique.

Malgré la consonance bégayante et germanique de leur nom, définitivement pas de trace du langage d’Amon Düül ou de Kraftwerk dans les mélodies mélancoliques et paradoxalement pleines d’espoirs des Baden Baden, mais une intonation verbale alternativement tournée vers l’anglais et le français, et toujours obsédée par un leitmotiv central : la mise sous forme de mélodies pop rock artisanales et rêveuses, dans la digne lignée des constructions rythmiques de leurs cousins new yorkais de Grizzly Bear.

Pas de trace non plus d’une frivolité mondaine quelconque chez les trois français, grossis pour l’occasion par un quatuor classique à cordes : aux néons incandescents et scintillants de la célébrité ostentatoire, les Baden Baden ont depuis leur apparition sur la scène pop rock hexagonale toujours favorisé la discrétion et l’acharnement à un travail studieux et méticuleux, et la mise en place patiente et pertinente d’un premier album paru chez Naïve (Coline), sans doute moins médiatisé que ses congénères exclusivement interprétés en français (La Femme, d’Aline ou de Granville), mais plein d’une authenticité parfaitement remarquable.

La Gaîté Lyrique, elle, défait ses gradins le temps d’une soirée, et renforce l’intimité d’une salle où se concentre un public de gentils bobos parisiens venu écouter la récitation appliquée des contours de Coline, de ses sommets glorieux (« Évidemment », « Good Heart »…), de sa mélancolie contemplative (« The Book », « You’ll See »), des montées tubesques largement diffusées de « La Descente », de l’omniprésence tonifiante d’une trompette qui emplit parfois la salle d’une lueur mariachi aussi étonnante qu’efficace. Des sourires dans le public, et quelques corps qui se déhanchent dans la fosse : la recette fonctionne, et quelques effluves de rock plus élancés viennent gondoler les têtes les plus réceptives.

Une reprise (ratée) de Ferré (téméraire de reprendre « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » en version pop rock…), deux rappels pour la forme, et une pop de chambre accentuée pour les besoins de la scène qui gagnerait sans doute à transgresser parfois un peu les règles pour dégager tout le potentiel live qu’on envisage pour le groupe. Ovation ovation pour les Baden Baden, et satisfaction du portefeuille au terme du concert : du haut de la Coline pop-folk de ces français, il y avait la sensation simple et authentique du voyage cajoleur, sans le passage couteux par la Gare de l’Est et l’État de Bade-Wurtemberg…

Visuel : (c) pochette de Coline de Baden Baden

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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