A l'affiche
[CHRONIQUE] 9 mois ferme : fantastique Albert Dupontel !

[CHRONIQUE] 9 mois ferme : fantastique Albert Dupontel !

16 octobre 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys

 

4 ans après « Le vilain », Albert Dupontel repasse derrière la caméra pour nous offrir une fois de plus son regard acide sur la société. Ici, c’est la justice qui en prend pour son grade dans une tragi-comédie burlesque et portée par ses comédiens. Probablement son meilleur film !

[rating=5]

Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est une juge carriériste un peu psychorigide, qui passe sa vie et son temps libre à s’occuper de son travail. Elle ne sort pas, ne boit pas, et elle est bien évidemment célibataire. Aussi, quand elle apprend qu’elle est enceinte, le ciel lui tombe sur la tête ! Mais ce n’est rien à coté des tests de paternité qui lui révèlent que le père de l’enfant n’est autre que Bob (Albert Dupontel), un affreux criminel poursuivi pour un crime atroce ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Si comme le disait si bien Boris Vian, « l’humour, c’est la politesse du désespoir », alors Dupontel a trouvé son credo. Une fois de plus, il réussit à faire de son film un subtil mélange entre l’absurde de chaque situation, et les émotions de ses personnages. Dans une mise en scène parfaite, il dépeint l’univers judiciaire, ses travers, ses zones d’ombre et parfois même sa bêtise humaine. Comme il le dit lui-même, il prend le parti d’un style « Grand guignol », parfois trash, et souvent délirant. Si le résultat peut paraitre caricatural, le propos n’en est que plus exacerbé : que fait la justice ? Entre une inquiétante bureaucratie, des fonctionnaires aveugles ou impuissants, et une société portée par les faits divers et la bêtise humaine, le réalisateur de « Bernie » nous offre sa vision des faits de manière drolatique, car il vaut parfois mieux en rire qu’en pleurer.

Comme à son habitude, Dupontel s’offre un rôle à la hauteur de son talent. Si l’on retrouve un peu de Bernie, Darius ou du Vilain dans le personnage de Bob, celui-ci est encore plus touchant par sa naïveté et sa découverte de la paternité. Avec Sandrine Kiberlain, ils forment un duo de choc ! La juge Ariane, c’est l’antithèse de Bob : tout en rigidité et en premier degré. Pourtant, c’est son aspect dramatique face à l’absurdité de ce qui lui arrive qui la rend à la fois touchante, et profondément drôle. Nicolas Marié est lui aussi hilarant en avocat bègue. Les cameos ne sont pas en reste puisqu’une simple apparition peut provoquer un fou rire général. Entre Yolande Moreau en mère de Bob, qui confond son bébé avec une bûche, Terry Gilliam des Monthy Pythons, ou un cameo surprise qui traduit le journal TV en langue des signes comme vous ne l’avez jamais vu, le réalisateur met toutes les cartes de son coté pour vous faire pleurer de rire.

Et l’intelligence de ce film tient aussi dans sa durée : Dupontel a compris qu’il vaut parfois mieux raccourcir à 1h20, que jouer les prolongations et finir par lasser. Le résultat n’en est que plus incisif ! A aucun moment « 9 mois ferme » ne souffre d’une baisse de régime, et son rythme hyper efficace et survolté nous offre une bouffée d’oxygène en forme de pied de nez à la comédie française classique et trop souvent prévisible. C’est bien évidemment un des meilleurs films de l’année, à ne louper sous aucun prétexte !

9 mois ferme d’Albert Dupontel, avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié, France, 2013, 1h22, sortie le 16 octobre.

http://www.youtube.com/watch?v=Ev_uHoLQ__k

[Live report] Baden Baden à la Gaîté Lyrique : intime et authentique
Kotori, le chant du moineau ; un doux conte traditionnel japonais
Juliette Hebbinckuys

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *