Pop / Rock
L’interview stroboscopique : Superets

L’interview stroboscopique : Superets

06 mai 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur la « yéyétronique » de Superets et leurs 160 caractères pour te dire adieu, salutation cordiale aux effluves new wave, rock and roll et yéyé du passé, mélangés à un timbre électronique diablement présent…

Plutôt que de nous dire « Adieu », pouvez-vous vous présenter en 160 caractères ?

Superets : 160 caractères, c’est une bien maigre présentation. Nous sommes quatre jeunes gens modernes avec l’envie d’en découdre avec nos instruments. Et maintenant : recompte !

Vous parlez afin de définir votre musique de « yéyétronique ». Qu’est-ce que ça implique exactement ?

Superets : Ça n’implique pas grand-chose, là est tout l’intérêt de la manoeuvre. C’est un mot -valise avec le yéyé (qui sous-entend qu’on chante en français sur de la musique d’inspiration anglo-saxonne) et électronique (qui est un pan de notre musique qui nous tient à coeur). Grossièrement, ça signifie qu’on fait du rock aux teintes électroniques en français. Mais l’idée générale c’est de doubler cette manie de coller des étiquettes sur les groupes : en s’inventant une étiquette on s’invente aussi le droit de la définir. Demain si on décide de changer radicalement notre musique, on fera toujours du yéyétronique, personne ne pourra nous déposséder de ça.

Mustang, La Femme, et maintenant Superets…comment expliquez-vous le rapport particulier qu’entretient la scène pop française avec l’esprit du rock and roll et du yéyé ?

Superets : Peut-être parce que ces trois groupes se retrouvent dans la musique de Nino Ferrer, de Serge Gainsbourg ou de Jacques Dutronc… Les années 60 ont été fastes pour la musique française : d’un côté, il y avait ceux qui reprenaient les standards américains plus ou moins bien, et de l’autre, il y avait de vraies plumes, des gens qui sont restés dans le patrimoine. Je pense que le fondement de la musique de Mustang, La Femme ou nous s’y trouve. Mais je pense que tout ce côté yéyé et rock and roll n’est qu’un ornement, avant tout nous écrivons des chansons, et le plus important reste de savoir si elles vous touchent ou non, tout le reste n’est qu’une question d’esthétique. Aujourd’hui, faire de la musique moderne ne veut plus rien dire : tout le monde fait son patchwork de référence pour créer son identité. Si certains vont chercher du côté des années 80, d’autres remontent plus loin et c’est ce que nous, et nos compères que tu as cités, faisons. Au final c’est ça être moderne : jouer avec les codes.

Il y a un caractère extrêmement cinématographique dans vos clips, et aussi dans certaines de vos compositions (dans « Grand Canyon » notamment). Quel est exactement votre rapport au Grand Écran ?

Superets : En fait, tout le monde dans le groupe est très cinéphile : on adore le cinéma, et ce dans son ensemble. Du coup sur une chanson comme « Grand Canyon », où le texte évoque un parallèle entre la violence du quotidien et l’ère western, le jeu c’était de se lâcher. On ne s’est pas privés pour ajouter des sons d’ambiance, les incorporer à la musique, c’est quelque chose qui se fait trop rarement, on a voulu se prêter à l’exercice et ça a le mérite de plonger l’auditeur dans une ambiance. D’ailleurs, on a toujours dit qu’on avait été inspirés par les compositions d’Ennio Morricone et celles de John Carpenter, si ce coté cinématographique se ressent dans certaines chansons, ça nous flatte. On était très heureux du clip de Veuve Mécanique, la chanson fait déjà un clin d’oeil à Christine de Carpenter, et le clip vient intelligemment souligner cet hommage, tout s’y mêle : musique, texte et image. En revanche, on fait attention : à trop rendre sa musique cinématographique, on finit par soi-même devenir des personnages, or Superets, c’est nous.

Après votre EP 160 caractères pour te dire adieu, un premier LP complet est-il bientôt prévu ?

Superets : On vient d’enregistrer deux titres en studio pour la rentrée. Mais je pense que tu devrais écouter ça avant d’être sur de vouloir entendre un LP ! Plus sérieusement, un LP en sera la suite logique, mais il est encore un peu tôt pour en parler. Cela dit, on a plein de nouveaux titres donc on ne sera pas pris au dépourvu si le chantier est lancé !

Je cherche des sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Superets : Un pote de Rennes, Clarens, vient de sortir son premier single sur PartyFine (le label de Yuksek), ça s’appelle Trust et c’est franchement classe. J’ai entendu « Porpoise Song » de Django Django tout à l’heure, une bonne relecture des années 60 selon un des groupes les plus excitants de ces dernières années. A noter que le Brian Jonestown Massacre va aussi bientôt nous lacher son prochain album, et ça c’est immanquable !

Visuel : (c) pochette de 160 caractères pour te dire adieu de Superets

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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