Electro

L’interview stroboscopique : NUIT

L’interview stroboscopique : NUIT

26 mars 2015 | PAR Nausicaa Ferro

Après moins de deux ans d’existence, le groupe électro NUIT a été sélectionné dans la catégorie jeunes talents 2015 du festival Chorus et du Printemps de Bourges. Pas mal. Surtout que les quatre membres du groupe ne pensaient pas faire de la scène un jour. Rencontre au Havre avec un groupe normand qui tente de garder les pieds sur terre.

Julien, tu es l’un des deux « clavier-machine » du groupe (le second, c’est Seb, puis à la guitare/voix c’est William, enfin à la batterie, Gaëtan)… raconte-moi comment le groupe a commencé à faire de la scène ?

NUIT : En fait au départ, il n’était pas vraiment question de scène… on voulait simplement enregistrer nos morceaux… mais quand on nous a proposé, par l’intermédiaire du Tetris (qui nous aide dans la production de notre musique) de jouer pour le festival Winter Camp, on a décidé de retravailler, justement spécialement pour la scène. Notre premier live était donc en Décembre 2014, et maintenant les prochaines dates sont le festival Chorus et le Printemps de Bourges ! Des dates avec un gros enjeu.

Comment définirais-tu NUIT ?

NUIT : Musicalement on est influencé par Archive, James Blake, FKA Twigs, Air, des groupes électro où il y a du chant… Portishead aussi… on a beaucoup d’influences… mais ce qui nous rend unique je pense c’est qu’à chaque fois qu’on passe en studio on essaie d’expérimenter des choses qui ne se sont pas faites ailleurs. On est quatre musiciens, quatre compositeurs, on arrive avec nos idées, on discute sur les accords, la rythmique, les sons, on aime bien bidouiller, on aime bien les machines et systématiquement on va essayer de détourner les façons de faire, dans l’enregistrement, les structures des morceaux, ou la façon d’amener les choses. Même au niveau scénique, aujourd’hui 95% des groupes mettent leur chanteur au milieu et leur batteur derrière. Nous on a choisi de mettre le chanteur à droite, le batteur à gauche, de se placer en ligne et de mettre les machines devant. On essaie d’avoir une approche originale, d’aller chercher des subtilités qui n’ont pas été faites ailleurs.

Votre nom de groupe, NUIT, est à l’image de votre univers : sombre. Est-ce quelque chose de voulu ? 

NUIT : Je ne sais pas si le nom du groupe est venu de l’atmosphère des morceaux ou si inconsciemment on va vers des choses sombres mais moi la musique me touche davantage quand elle a une part de dark, j’ai tendance à aller plus vers des morceaux tristes, sombres, plutôt que vers des morceaux joyeux, mais ça reste un parti pris artistique… entre nous on rigole bien.

Vos clips sont réalisés par plusieurs réalisateurs, idem pour les photos… Est-ce un choix artistique ?

NUIT : En fait on a voulu assez rapidement se mettre en retrait. On se met très peu en scène, dans les clips par exemple on veut mettre en valeur la musique avant de se mettre en valeur nous, sur scène c’est pareil, on nous voit peu. Notre parti pris c’est d’être visuel et pour ça on a choisi de travailler avec différentes personnes, photographes, graphistes, réalisateurs. Par exemples les clips, quand on a sorti le premier EP, on n’était pas tellement d’accord sur le morceau à clipper et du coup j’ai dit comme ça « on n’a qu’à faire les quatre » et finalement ça a fait écho autour de nous et différentes personnes se sont proposées de nous aider et on leur a laissé carte blanche, aussi parce que nous-mêmes on avait envie d’être surpris par ce qu’ils allaient nous sortir. Je ne suis pas sûr que ce soit intéressant artistiquement d’être maître de tout. J’aime les collaborations extérieures qui viennent nous chatouiller. Du coup on a des clips très différents et on veut la même chose sur notre prochain EP. Moi je trouve qu’on bosse mieux en collectif, le fait d’ouvrir le projet à d’autres le fait avancer et si chacun peut s’y retrouver c’est bien.

En avril, vous serez sur scène pour le festival Chorus à la Défense et au Printemps de Bourges. Dans quel état êtes-vous ?

NUIT : Depuis le début, on ne s’attend à rien. Chaque étape est une surprise pour nous et c’est super. On a envie d’avoir d’autres surprises. On est excité, on a hâte d’y être. On fait tout pour que les concerts soient bons et si tout doit s’arrêter ça aura été génial le temps que ça a duré mais on a envie que ça dure et de produire plein de nouveaux morceaux.

Je cherche des sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Le dernier Tame Impala qui a été une grosse claque… ils viennent de sortir le premier morceau de leur prochain album : Let It Happen. Je suis aussi un grand fan de James Blake, Retrograde est sublime. J’écoute également Superdiscount 3 l’album d’Étienne de Crécy.


NUIT – EP 2014 Enjoy the night.

Concerts le 2 avril à la Défense pour le festival Chorus, le 25 avril pour les Inouïs du Printemps de Bourges.

Visuels : (c) © Franck Marry ; Léa photos ; Nünood.

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Nausicaa Ferro

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