Pop / Rock
L’interview stroboscopique : Ought

L’interview stroboscopique : Ought

06 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur les Montréalais de Ought, aperçus la semaine dernière au Pitchfork Music Festival, au sein duquel ils présentaient au public parisien un premier album passionnant, post-punk, patient et lettré, un disque qui s’avérera sans doute, à l’heure de faire le bilan des grands talents « rock » émergents, comme l’un des tous meilleurs de cette année écoulée…

À l’écoute de votre premier album Today, More Than Any Other Day, il nous vient à l’esprit le terme de « spoken punk ». Est-ce totalement adapté ?

Ought : Hum, pas exactement. Je veux dire, il y a des instants de spoken-word dans l’album, et je crois qu’il y aussi un esthétisme punk assez prononcé, mais j’hésiterais personnellement à attribuer un genre spécifique à notre musique. Après, si les gens pensent à ce terme-là en écoutant notre musique, ça reste cool.

Est-ce parce que vous faites partie du même label que Godspeed You ! Black Emperor et que Thee Silver Mt Zion (Constellation Records) que vos morceaux s’étirent d’une manière aussi conséquente ?

Ought : En réalité, nous avons écrit et composé la plupart de nos morceaux avant de parler à qui que ce soit chez Constellation, le lien doit donc être assez indirect ! Ceci dit, c’est vrai que nous avons toujours été intéressés par l’endroit où nos morceaux étaient susceptibles d’atterrir en les jouant avec une durée comme celle-ci…Mais qui sait, le prochain album pourrait être composé d’un tas de chansons très courtes…Enfin, d’ailleurs, je ne sais pas encore vraiment ce qu’il en sera…

Si l’on doit parler « live », et plus spécialement du public présent lors de ces lives, vous qui venez de Montréal, avez-vous noté une différence de comportement entre le public nord-américain et le public européen ?

Ought : Pas tellement non. Des personnes ont été ravies de nous voir sur les deux continents, ce que nous avons d’ailleurs trouvé aussi surprenant qu’agréable !

Cet été, on vous a vu programmé dans l’intimité extrême de la Mécanique Ondulatoire, puis la semaine dernière dans la très grande exposition du Pitchfork Music Festival. L’écart entre les deux contextes n’est-il pas trop compliqué à gérer ?

Ought : Cette année a effectivement été très surprenante pour nous. On savait déjà que l’on serait programmé au Pitchfork au moment de la date à la Mécanique Ondulatoire, et en ce sens, il n’y a pas eu là de surprise pour nous, mais ce qui a été beaucoup plus surprenant, c’est la réception générale du disque, le fait que l’on ait pu jouer sur autant de scènes en Europe cette année, et on est vraiment très reconnaissant d’avoir pu avoir ces opportunités-là !

D’un point de vue discographique, un second album est-il déjà envisagé ?

Ought : Oui, on va commencer à travailler dessus à partir de l’an prochain !

Je suis à la recherche de sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ? (du son provenant de Montréal, ce serait encore mieux !)

Bien sûr : Matt (claviériste) et Tim (batteur / violoniste) bossent avec quelques amis proches sur un petit label montréalais (Misery Loves Co.), et nous en avons tiré quelques trucs qu’il nous semble intéressant d’écouter cette année ! Il faut donc écouter Nennen d’Alcrete (sombre, triste, ambiant) et Fakes de Harsh Reality (du punk décousu). Il y aussi Extractor, l’album de mes amis de Lungbutter, l’un des mes préférés de l’année.

Ought, Today, More Than Any Other Day, 2014, Constellation Records, 46 min.

Visuel : (c) pochette de Today, More Than Any Other Day de Ought

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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