Pop / Rock
[Live report] Thee Silver Mt Zion à la Gaîté Lyrique

[Live report] Thee Silver Mt Zion à la Gaîté Lyrique

23 septembre 2014 | PAR Elie Petit

Les fantastiques Thee Silver Mt Zion investissaient hier soir à la Gaîté Lyrique pour livrer un show époustouflant. On vous raconte :

Tout d’abord, il y a eu Besnard Lakes, un groupe d’indie rock montréalais formé en 2003, quatuor parfois quintet où le chanteur, rockeur avec la chevelure de Polnareff a une voix plus aiguë que celle de la bassiste-chanteuse? qui, elle, a des cheveux blonds-blancs. Et ces deux sont mariés. Une vraie découverte, avec quelques allures de London Grammar (ce n’est pas insultant !) soutenu par un VJing aux allures de vielle télé pixellisante.

Et puis, la pause. On attend les Thee Silver Mt Zion Memorial Orchestra dans le salon aux dorures de la superbe Gaité Lyrique et sa programmation folle et futuriste.

Thee Silver Mt Zion Memorial Orchestra, pour les resituer, c’est une des formations réduites issues de l’énorme Godspeed You ! Black Emperor, et dont Efrim Menuck est le leader. Une musique lancinante, très instrumentale, des paroles révolutionnaires et contestataires, répétitives. Un quintet rock, avec deux violons.

Dès leur entrée sur scène, Menuck commence. « Nous sommes déjà venus à Paris et cela semble hier. Et le monde est de pire en pire, n’est-ce pas ? Nous jouons pour exprimer le désordre qui sévit dans nos cœurs et dans nos têtes. Celui qui sévit dans vos cœurs et dans vos têtes ». Le ton est donné. Et il annonce le titre de la première chanson : « Fuck off Get free ». Le ton est vraiment donné.

Les cinq de Thee Silver Mt Zion sont disposés symétriquement, en arc de cercle, autour du batteur. Efrim et le bassiste ensuite et enfin les deux violonistes.

Le groupe enchaîne et se déchaîne, avec une intensité qui ne baisse jamais. La basse, parfois contrebasse, se balade autour des nappes de guitare saturée, les violons vibrent. On ferme les yeux, on imagine ce que l’on veut, dans la foule incroyablement statique et contemplative. La plupart ne bouge pas, certains se meuvent doucement, du haut de leur corps et hochent la tête, légèrement. Une expérience cinématique.

Les morceaux vivent de plusieurs mouvements. Et quand tout devient calme, les violons, les voix parfois dissonantes, se superposent. Et lorsque l’on se perd au milieu, Thee Silver Mt Zion nous prend par la main et nous retrouve. Les titres durent parfois plus de 15 minutes, des longues traversées de désert, hypnotisantes.

Le propos est militant, libertaire. « Ils disent qu’il n’y en a pas assez pour nous dans ce monde !? » ou bien tout un discours sur la disparition du militantisme. On sent beaucoup de douleur, mais tout de même, la volonté de continuer le plus loin possible, même quand l’espoir est mince et fragile. « Les musiciens ne doivent pas vivre plus longtemps que les autres. Mais ils ne doivent pas vivre moins longtemps ! ». Puis de la musique à écouter, à réfléchir. A vivre.

Et c’est près de deux heures que l’on a vécu avec eux, de complaintes en protestations. Un côté prophète modeste se dégage de Menuck, incontestable lorsqu’un spot rayé jaune et orangé se mêle à ses cheveux et à sa barbe et l’auréole. Ni vraiment rock progressif ni post-rock, entre les deux et bien avant, le groupe brise les lois du genre.

Le dernier morceau sonne étrangement comme un au-revoir. Mais personne ne peut dire quand il s’est terminé. Ni même s’il s’est terminé. Tant il nous accompagne encore.

Visuel : (c) Gaîté Lyrique

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Elie Petit
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