Pop / Rock
L’Interview stroboscopique : John & the Volta

L’Interview stroboscopique : John & the Volta

30 octobre 2013 | PAR Bastien Stisi

John&thevoltaCrépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur John & the Volta et son premier EP Empirical, fusion d’une synthpop bétonnée et d’un psychédélisme aérien qui a conduit l’émergent groupe bordelais jusqu’au Trianon et la finale des Inrocks Lab

Je m’en veux un peu, je n’ai découvert « Ghosts » que la semaine dernière. Tu as un ami ensorceleur qui fait qu’on ne peut plus se décoller le morceau des oreilles après la première écoute, ou est-ce que tu as simplement trouvé la formule idéale entre new wave glacée et pop rêveuse ?

Jonathan Ducasse : Merci, non, pas d’ami ensorceleur. On en profiterait bien plus ! À la base, le titre « Ghosts » sonnait normalement folk avec cette guitare acoustique qui porte le morceau. Mais je voulais détourner ça, sortir de « la chanson triste à jouer au coin du feu », l’emmener vers quelque chose de plus sacré, une élégie éthérée, une prière collective. Finalement on recolle à ton idée de mystique..

Sans Björk, est-ce que ton existence aurait été la même ?

Jonathan Ducasse : L’oeuvre de Björk a été très importante pour moi. Mais au-delà de l’inspiration musicale, c’est une artiste qui m’a véritablement éclairé. Elle arrive si bien à incarner sa musique, elle la transcende même parfois. La liberté qu’elle sait donner à sa sensibilité fait qu’elle devient une part charnelle de ce qu’elle crée. Mais elle n’est évidemment pas la seule à avoir compté pour JATV, Justin Vernon (Bon Iver), Thom Yorke (Radiohead), Neil Young, sont de vrais modèles pour moi. Je suis obsédé par la recherche de sincérité et du « sonner juste ». Je suis sûr que si tu ne vas pas constamment vers ta musique, tu ne joues qu’un rôle. C’est ce qui me guide.

L’Irlande dans les images (pour le clip de « Ghosts »), l’Islande dans les influences (Björk), des rêveries dans la musique…tu es donc complètement obsédé par les ambiances vaporeuses et aériennes ?

Jonathan Ducasse : Non, pas vraiment…J’ai d’ailleurs mis du temps à comprendre pourquoi on qualifiait mes chansons « aériennes », « éthérées »..J.e suis toujours surpris de la façon dont le public reçoit mes chansons. Ceci dit, il est vrai que je chante haut, et que je préfère les temps froids, voire brumeux.

Ton groupe et toi êtes la toute première signature du label TALK ! Qui est-ce qui a une dette envers l’autre ?

Jonathan Ducasse : C’est un pari que l’on a fait ensemble. Julien Paschal (Sharko, Piano Club..) rêvait de monter son label, et pour nous la décision était prise de passer la vitesse supérieure. On ne savait pas très bien ce qui nous attendait mais l’envie était là et était plus forte que le reste. D’un côté et de l’autre, on a tout vu se monter petit à petit, on a vu grandir les deux projets…du coup, j’ai parfois l’impression que c’est aussi mon label ! Ça a créé des liens très forts alors que l’on se connaît en réalité assez peu.

De l’extérieur, on considère généralement Bordeaux comme une ville diablement rock (sans doute l’effet Noir Désir / Eiffel). De l’intérieur, c’est une sensation que vous avez également ?

Jonathan Ducasse : Ça fourmille beaucoup dans les sous-sols de Bordeaux. La scène musicale se régénère très vite, sans doute grâce au fait de pouvoir faire ses premières armes rapidement dans les caves et bars de la ville.

Je pense toutefois que si l’on fait le compte aujourd’hui, on trouvera à Bordeaux plus de groupes de pop que de rock. En revanche, il y a un certain esprit qui se conserve. Tu as beau faire de la salsa, si tu joues dans une cave bordelaise, tu transpireras le rock&roll.

Après un 1er EP, on attend l’album pour courant 2014. Un album qui sera dans la continuité de cet EP, à la fois pop, sensible et torturé ?

Jonathan Ducasse : C’est encore difficile à dire, mais il sera certainement un peu plus sombre. L’EP met en valeur un travail sur les synthés, il est assez coloré et s’ouvre sur de grands horizons. Pour l’album, on va resserrer le propos et présenter quelque chose de plus précis. Il y aura toujours cette touche synth mais les guitares seront aussi bien mises en valeur ; elles seront plus noires et libérées. On travaille sur le « lâcher prise » dans l’écriture et le jeu tout en gardant une grosse exigence dans l’arrangement. Je pense qu’il surprendra.

Les prochaines dates lives de John & the Volta sont à retrouver sur le site officiel du groupe.

Visuel : (c) pochette de Empirical de John & the Volta

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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