Chanson
[Interview] Alka : « Je n’ai pas peur des comparaisons »

[Interview] Alka : « Je n’ai pas peur des comparaisons »

30 octobre 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

On la connaissait sur scène aux côtés d’Edouard Baer, mais nous avons découvert Alka Balbir côté chant en juin dernier, sur la scène des Trois Baudets. Depuis  l’album La première fois, composé par Benjamin Biolay est sorti le 7 octobre chez Naïve,  le premier titre « Bâtards suprêmes » est sur toutes les ondes et sur toutes les lèvres et Alka, qui a déjà envoûté le très select Silencio ce mois-ci, se prépare à prendre d’assaut le Nouveau Casino le 26 novembre.  Questions à une très jolie brune qui multiplie les violons d’Ingres et livre un premier CD très construit, très romantique et un peu noir… 

« La première fois », c’est aussi parce que c’est votre premier album ?
Oui, c’est d’abord à cause de la chanson : « la première fois » qui est en plus la première chanson que Benjamin à écrit pour moi et aussi parce que c’est mon premier album, c’est ma première fois.

Si j’ai bien compris entre votre projet de faire ce disque avec Benjamin Biolay et sa sortie, il s’est passé six ans. Ce temps long vous a-t-il donné du recul ou une autre émotion sur certaines chansons ? si oui lesquels ?
Oui j’imagine qu’avec tout ce temps passé je suis passée par plein d’émotions , J’ ai aimé les premières chansons follement, je les ai délaissé pour les nouvelles, je suis revenue aux premières en les aimant différemment, je me suis lassée de toutes pour les aimer encore plus ensuite. je les ai tellement digérées, elles sont en moi profondément pour toujours.

Hors « la première fois », quelle chanson de Biolay vous émeut aux larmes ?
Sans hésitation « Ton héritage » ! Cette chanson me chavire, c’est une des plus belles chanson que je connaisse, qu’est ce que j’aurai aimé que mon père me fasse une telle déclaration. Les rapports père/ fille me bouleversent plus que tout. C’est « L’amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau, le plus violent, le plus pur, le plus enivrant » (citation de Lemon Incest de Gainbourg ndlr)

Pour vous, c’est quoi la différence entre un salaud et un bâtard ? (suprême ou pas)
Pour moi on est un bâtard par défaut et un salaud par choix.

Le disque parle d’amours malheureuses, dites-vous, mais il me semble que la question est plus celle de la liberté de partir. S’agit-il d’un album qui parle du courage de quitter son compagnon ?
C’est essayer de se libérer d’un amour qui vous enchaîne, c’est savoir qu’on devrait quitter l’autre pour mieux vivre mais l’amour qu’on lui porte est plus fort, l’amour est plus fort que sa propre souffrance, c’est une bagarre contre soi même, c’est essayer de ne plus s’oublier, de s’échapper, de trouver la force, mais l’amour nous rattrape souvent.

Quelle est la chose la plus « mal élevée » que vous ayez faite ?
Cracher sur un inconnu.

Est-ce difficile de chanter un titre qui s’appelle « Je m’en vais » après Verlaine & Gainsbourg, Miossec, et même, soyons fous !- Cali ?
Non, je n’ai pas peur des comparaisons.

Vous dit-on souvent que vous avez une voix qui ressemble à celle d’Adjani ? Du coup que pensez-vous du parallélisme Biolay-Alka / Gainsbourg-Adjani ?
Oui, tous les jours depuis que l’album est sorti ! Je ne trouve pas ce parallélisme désagréable et je le comprend. Ils font partie de mes influences même si il y ‘en a beaucoup d’autres. Du coup si je pouvais avoir la même filmographie qu’Isabelle Adjani maintenant…

Est-ce difficile/technique de passer du parler au chanter sur des compositions de Biolay ? Ou est-ce naturel pour une chanteuse qui est aussi comédienne ?
Pour moi C’est naturel, il n’ y a rien de technique dans tout ça. C’est ma façon de chanter. Je ne me pose pas de questions quand je chante, j’essaye juste de me donner du plaisir.

Vous dites que vous aimez travailler avec vos amis, avec quels autres amis voudriez-vous travailler ?
Avec Chateau Marmont, Sebastian, Lafayette, Alister, Benoît Forgeard, encore Benjamin, encore Edouard Baer, et même si ce n’est pas encore mon ami avec Alex Beaupain !

Quelle serait la scène de vos rêves ?
Mon rêve ce serait une petite salle comme le Silencio et avoir une vraie résidence là bas, faire un concert une fois par semaine. J’aime voir des concerts dans des salles intimistes. Sinon le théâtre Marigny, l’Olympia… Là je chante au nouveau casino le 26 novembre !

Et la question que vous attendez et qui n’arrive pas ?
Tu préfères chanter ou être actrice ? Et je suis bien contente de ne pas l’avoir eue cette question !

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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