Pop / Rock

L’interview stroboscopique : DUEL

L’interview stroboscopique : DUEL

18 décembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur DUEL, le duo formé par les Français Julien Boulfray et Brieuc Carnaille, constructeurs complémentaires d’une pop variétale moins belliqueuse que son nom et celui de son premier album (Gunnn Express) ne pourrait le laisser penser au premier abord…

Vous vous appelez DUEL, mais mettez en avant la complémentarité de vos deux identités et de vos deux voix. Est-ce une manière, aussi, d’indiquer que la dualité, en réalité, est un concept qui n’existe pas réellement ?

DUEL : En fait on voulait un nom qui nous représente mais qui laisse la voie libre à toute interprétation, un peu comme pour nos chansons, nos textes très influencés par la poésie surréaliste. On veut que chacun puisse se faire sa propre lecture de nos chansons. Et puis on trouve surtout le mot « Duel » beau tout simplement. Pour tout ce qu’il évoque, et qui peut exister donc…

« Austerlitz », « Mourir au Combat », « Phantom Punch »…il y a dans les titres de vos morceaux une fréquence de la violence, ou du moins, d’une certaine forme de bataille. Est-ce aussi cela, le fait de se nommer DUEL ?

DUEL : C’est inconscient en tout cas. Par contre, pour le titre de l’album, c’est lorsqu’on s’est rendus compte que plusieurs chansons évoquaient des villes qu’on a décidé de donner à cet album le nom d’un train imaginaire.

Vous mentionnez l’importance dans votre parcours d’un séjour new-yorkais, une escapade au cours de laquelle vous avez notamment joué votre premier concert. Vous interprétez pourtant l’intégralité de vos morceaux en français. N’y a-t-il pas eu tout de même, à ce moment-là, la tentation de la composition en anglais ?

DUEL : On est partis à New-York quelques semaines seulement après avoir commencé à jouer nos premières chansons et, à l’époque, on avait quelques textes en anglais. Et, paradoxalement, c’est à New-York qu’on a abandonné ces textes pour ne plus écrire qu’en français… Et lors de ce premier concert, il y avait des gens qui quittaient la salle en hâte, on pensait que c’était parce qu’ils ne comprenaient rien à ce qu’on racontait, jusqu’à ce qu’on nous informe que l’immeuble d’en face avait pris feu pendant le concert et qu’il fallait quitter les lieux !

« Austerlitz », « Odessa », « Les Zouaves », « A Voronej », « Amsterdam », « Ville Lumière »…votre pop est très clairement construite dans la sensation de voyages. Mais ceux-ci sont-ils des souvenirs ou des fantasmes ?

DUEL : Les deux. On n’a, par exemple, jamais mis un pied à Amsterdam alors que « À Voronej » a été écrite quelques jours après notre concert là-bas l’année dernière. Ou l’inverse, on ne se souvient plus bien…

La variété française, lorsqu’elle se veut (faussement) légère comme la vôtre, ne souffre t-elle pas d’un violent délit de faciès, au sein d’une scène pop plus sûrement tournée vers la désinvolture un peu cynique ?

DUEL : Même s’il y a beaucoup de panache à faire sonner la légèreté comme ont si bien pu le faire certaines de nos influences comme Gainsbourg, Bashung ou actuellement Baxter Dury, on ne se reconnaît pas vraiment dans ce mot, « légèreté ». Mais cependant plus que dans « désinvolture un peu cynique ». On doit se trouver quelque part au milieu de tout ça…

Je suis à la recherche de sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ? 

DUEL : L’album Jumping The Shark d’Alex Cameron qu’on a découvert cette année en première partie d’Hamilton Leithauser, le chanteur de The Walkmen, qui tournait pour son album solo Black Hours. « Take Care Of Business » sur le premier et « Self Pity » sur le second sont deux des plus belles chansons qu’on a pu écouter cette année.

Gunnn Express sort le 23 février 2015.

Visuel : © pochette de Gunnn Express de DUEL

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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