Musique

Playlist de la semaine (140)

Playlist de la semaine (140)

28 novembre 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour engagé de Poliça, le premier single du premier album de Grand Blanc, les souvenirs new-yorkais de Camp Claude…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Poliça, « Lime Habit »

Gentrification, faillites sociales, isolement des individus…lutte des classes ? Le nouvel et 3e album de Poliça (United Crushers) qui arrive en mars, et qui est introduit ici par un premier single (« Lime Habbit ») rond, groovy et synthétique, prend le chemin, non pas le poing levé mais la plume intériorisée, de la satire sociale et politique. Manifestement moins ombrageux que les deux précédents épisodes discographiques, qui avaient imposé le règne de cette dark pop inquiète et de ces mélodies sombrement interprétées, United Crushers ne sera a priori pas pour autant destiné aux pistes de dancefloor avec boules à facettes. Il allumera du moins une lanterne au sein de ces ruelles qui ont tant de peine à faire circuler la lumière dans leurs artères étroites. Sortie le 4 mars via Memphis Industries.

2. Grand Blanc, « Surprise Party »

Un peu plus de deux mois avant la sortie de son tout premier album studio (Mémoires Vives, sortie en février chez Entreprise), Grand Blanc dévoile le single « Surprise Party », porté par la voix doublée de Camille et de Benoit, toujours préoccupés par ses sonorités synthétiques et post-punk qui avaient déjà fait la marque du quatuor sur « Samedi la Nuit », sur « Montparnasse », sur « Degré Zéro ». « Souffle tes bougies comme les enfants terribles…», disent-ils. Ces bougies, le groupe les soufflera véritablement à l’occasion, justement, d’une surprise party, à La Maroquinerie le 15 mars pour la release de cet album, l’un des plus attendus dès lors que l’on parle de pop made in France.

3. Fat White Family, « Whitest On The Beach »

Avant la sortie de Songs For Our Mothers, leur 3e album (ou 2e, si l’on exclut le recueil d’inédits Crippled B – Sides And Inconsequential Rarities), les Fat White Family et leurs dégaines de militaires en permission et sans trop de galons sortent « Whitest On The Beach », un instant de shoegaze psyché étendu sur 5 minutes de tensions latentes et assumées. Sous les guitares, c’est la plage, et l’horizon illuminé qui mène au 22 janvier prochain.

4. The Explosion, « Stratus »

Dernière sortie du label Versatile (Zombie Zombie, Acid Arab, I :Cube…), The Explosion regroupe les talents de Gilb’r (qui est aussi le patron du label et moitié de Château Flight) et ceux de deux échappés de Cabaret Contemporain (Fabrizio Rat et Giani Caserotto). Ensemble, et sur un premier album éponyme sorti fin octobre, le trio bâti six tableaux contemplatifs et vrombissants, menés par l’émerveillé « Stratus » et par son clip au psychédélisme organique, des morceaux toujours latents et mesurés comme si ceux-ci avaient décidé de faire mentir le nom du projet qui avait décidé de les mettre au monde. Car ces morceaux-là n’explosent jamais vraiment. Ils patientent et font présager l’instant suivant.

5. Camp Claude, « New York City »

Tourné il y a trois semaines à la Surface Factory – où l’on ce serait cru dans le New York warholien des années 70 – à l’occasion du lancement de la tablette Surface Pro 4 de Microsoft, le nouveau clip de Camp Claude dit la passion de Diane Sagnier pour la cité new-yorkaise, dont elle a fréquenté un temps les hauteurs immenses et dont elle se souvient ici. Outre une déambulation entre les ballons à l’effigie de son logo (deux croissants de Lune, qui font Camp Claude) et les invités bien habillés présents ce soir-là dans la Factory du VIIIe, le clip propose un premier aperçu de ce que contiendra le premier album du trio (puisque Mike et Leo de Tristesse Contemporaine viennent compléter le groupe), un album qui devrait sortir début 2016 chez Believe Recordings.

6.Irmin Schmidt, « Der elch/Im herzen des hurrican »

Ancien élève du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen (qui théorisa la musique électroacoustique dans les années 50),  chef d’orchestre brillant (avec l’ensemble de Dortmund notamment), pilier de la scène expérimentale krautrock des années 70 avec Can (dont il est l’un des fondateurs), compositeur émérite de musique de films (il s’y consacre depuis plus de 40 ans)…le Germanique Irmin Schidt est l’un des très grands talents (méconnus) du siècle précédent. Son œuvre, grandiose et complexe, est aujourd’hui célébrée par Mute, qui sort un coffret de 12 albums regroupant à la fois ses œuvres solo (réalisées en marge de Can) et ses bandes originales de film. Sortie le 12 décembre, soit juste avant Noël (on dit ça comme ça).

7. Alain Chamfort, « Manureva » (Ivan Smagghe Crossed remix)

Décidément spécialisée dans les remixes d’artistes relativement inattendus (on se souvient du précédent Melanie De Biasio, à la qualité contrastée), la division label de [PIAS] propose cette fois-ci la relecture de l’œuvre d’Alain Chamfort (oui oui, Alain Chamfort !), passée sous la moulinettes émérite de Chloé, de Paradis, de Pilooski, de Superpitcher, et ici de l’ancien Black Strobe Ivan Smagghe, qui remixe (avec beaucoup d’efficacité, il faut bien l’avouer) l’éternel « Manureva » d’un artiste visiblement décidé, après la parution de son dernier album éponyme en début d’année, à offrir un élan nouveau à une carrière dont la course s’était trouvée quelque peu ralentie au cours des dernières années.

Visuel (c) : pochette d’United Crushers de Poliça

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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