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Playlist de la semaine (136)

Playlist de la semaine (136)

24 octobre 2015 | PAR Bastien Stisi

L’arrivée en janvier du nouveau Savages, le retour de Housse de Racket, l’album éblouissant du Mexicain Yppah…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Savages, « The Answer »

Grandes satisfactions de la dernière édition de La Route du Rock, les filles de Savages et leur leadeuse Jehnny Beth sortiront en janvier Adore Life, leur second album dont on devine déjà, avec le peu d’élément dont on dispose, les ambitions éminemment séditieuses. Une pochette au poing levé, un clip ravagé, et un premier morceau qui pose les questions que certains n’osent même pas formuler. Le grand événement punk de cette année à venir.

2. Housse de Racket, « The Tourist »

« Touristes », sur une scène électro-pop envisagée depuis le très prestigieux prisme versaillais (ils accompagnaient auparavant les locaux Air et Phoenix sur scène), ça fait un moment que Victor le Masne et Pierre Lerroux ne le sont plus du tout. Depuis une dizaine d’années, et désormais avec ce troisième album (The Tourist donc, sortie sur le label ! K7), Housse de Racket fait en réalité plutôt partie de ces attractions qui font déplacer les foules, et qui devraient encore le faire bientôt si l’on se base sur l’écoute de ses deux premiers extraits (« The Tourist » et « Turquoise), pop voyage-voyage, résonance idéale avec ce slogan qu’ils répèteront souvent (« Music is a trip and we’re all tourists ») et qui servira de leitmotiv à ce disque qui sortira le 30 octobre.

3. Cheatahs, « Sign To Lorelei »

Après un premier album éponyme remarqué (Wichita Recordings, 2014), les Londoniens de Cheatahs font paraître à la fin du mois un second album à la hauteur de son titre – Mythologies –, dans la mesure où le rock lumineux de ces Britanniques amateurs de synthés et de mélodies rafraîchies évoque, d’abord, le fantasme de ces épisodes auxquels l’on songe sans jamais être absolument certain que ceux-ci ont bel et bien existé.  Et si l’on ne sait pas bien si le clip de « Sign To Lorelei » permet à ses protagonistes de naviguer au sein de la mer ou bien au sein de l’éther (a priori, c’est quand même la première proposition qui prévaut), c’est que les Londoniens ont bénéficié de l’expertise du réalisateur Cherise Payane, déjà entrevu hier aux côtés de Django Django, de FKA Twigs ou de Jamie XX.

4. Lola Marsh, « You’re mine »

Avec pour figure le proue le charmant minois de Yael Shoshana Cohen, révélation de la deuxième saison de The Voice Israël, le groupe indé folk Lola Marsh est né en 2013 et comporte également Gila Landau (guitare/voix), Mati Gilad (Basse), Rami Osservaser (Guitare, Piano) et Dekel Dvir (batterie). Signés par le label Anova Music, ils font beaucoup parler d’eux depuis le début de l’année 2015. Après le single « Sirens », qui a été un hit en Israël et aux États-Unis (classé dans le top dix des son viraux sur Spotify US,) ils sont de retour avec une plage rêveuse et syncopée, « You’re mine » (déjà +2 millions d’écoutes). Attention, sous ses airs doux et inoffensifs le tube est entêtant. Et Lola Marsh sera certainement l’un des piliers des festivals de l’été en Europe. Yaël Hirsch

5. Yppah, « Bushmills »

Toujours aussi aventureux (on ne sait jamais, avant l’écoute d’une nouvelle création, si l’on devra parler d’electronica, de shoegaze ou de pop), le Mexicain Yppah a sorti hier son 4e album Tiny Pause chez Ninja Tunes. Et la transgression des genres est toujours ici de mise, comme sur ce « Bushmills », puissant écart entre l’electronica volumineuse de Four Tet, le shoegaze abrasive de My Bloody Valentine, et les galipettes pop de Jagwar Ma. Mondialisation.

6. Gisèle Pape, « Encore »

Multi-instrumentiste (guitare, synthé analogique, orgue…) Gisèle Pape additionne des fragments du réel sur des samples lancinants, parfois inquiets (comme sur « Encore », premier extrait d’un EP qui en compte six), toujours accompagnés par une prédominance du verbe et de la poésie instinctive. Seule sur scène mais nombreuse dans sa tête au moment de la composition (tant d’idées cohabitent ici dans un seul esprit), elle gravite entre folk français et musique électronique, entre La Féline et Cat Power, et évoque ces amoureux revendiqués de la nature et de l’instant, ceux qui sont encore capables de sensibilité et de questionnement des éléments primitifs. Pas surprenant en ce sens que ce premier EP, riche et minimalisme, ai pris le judicieux parti de se nommer Oiseau. Parce que les samples de ces vagabonds des airs sont nombreux. Et parce que comme eux, même si c’est via un moyen autre, on s’envole à l’écoute de ce premier EP remarquable.

7. SEAS, « Sadness Nap »

Le premier EP de SEAS – A Part of the Main – le projet baroque, sonique et new wave d’un fondateur initial (Leo Mozoloa) désormais entouré par quatre autres collaborateurs (dont Philippe Mousseigne, moitié du projet d’électro-pop Noir Cœur), narre, dans le clip de « Sadness Nap » l’épopée futuriste et chimérique d’une protagoniste localisée sur un territoire au-delà des espaces terrestres, aussi sensible aux atrocités vilaines des humains que l’héroïne aux cheveux orange du Cinquième Elément. Sensibilité, grandiloquence, et écart permanent entre rêves en grand et réalité en suspens. En concert à L’International le jeudi 26 novembre.

Visuel : (c) pochette de Tiny Pause d’Yppah

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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