Musique
Live report du 22 mai, Jazz à Saint-Germain : Jacques Schwarz-Bart et Baptiste Trotignon à l’Institut Océanographique

Live report du 22 mai, Jazz à Saint-Germain : Jacques Schwarz-Bart et Baptiste Trotignon à l’Institut Océanographique

23 mai 2012 | PAR Olivia Leboyer

C’est dans l’atmosphère intime, décalée et chaleureuse de l’Institut Océanographique (rue Saint Jacques) que nous avons eu le plaisir d’écouter le formidable quartet mené par le grand saxophoniste Jacques Schwarz-Bart : avec au piano (stupéfiant de délicatesse et de classe), Thomas Bramerie à la contrebasse (hyper doué et souriant) et Hans von Oosterhout à la batterie (complètement transporté), Jacques Schwarz-Bart nous a convié à un voyage à travers les rêves.

Le titre de son dernier album, The Art of Dreaming, l’indique bien : il s’agit de se laisser entraîner dans des rêves hallucinatoires, semblables à ceux des sorciers toltèques qui ont inspiré les compositions. Le morceau « Peyotl » fait explicitement référence à cette drogue qui favorise la confusion de la réalité et du rêve. Ici, la drogue est musicale, enveloppante, douce, les quatre instruments se répondant dans une réelle complicité.
Extrêmement souriant et détendu, Jacques Schwarz-Bart (fils des célèbres écrivains ; lui-même a fait Sciences po avant de se consacrer pleinement à sa passion) souligne à quel point il est heureux de jouer ici, à l’Institut Océanographique, lui qui a passé le plus clair de sa jeunesse sur les eaux. « Je me sens ici comme un poisson dans l’eau ! », lance-t-il avec une bonne humeur très communicative. Ni trop petite ni trop grande, la salle constitue un parfait écrin pour une soirée de rêve : plafond peint représentant des pêcheurs, murs lambrissés, beaux lustres, nous sommes prêts à larguer les amarres. Après avoir salué la présence dans le public de la nouvelle Garde des Sceaux, Christiane Taubira, le saxophoniste nous a illico embarqués au gré de son jazz sensuel, rythmé et très doux. A plusieurs reprises, Jacques Schwarz-Bart multiplie les clins d’œil au pianiste Baptiste Trotignon, qui nous impressionne par la vélocité et la grâce de son jeu : « Depuis que je t’ai rencontré, Baptiste, j’ai l’impression que tu fais partie de ma famille. Tu as vraiment apporté à ma musique une touche spéciale. » Les musiciens du quartet ont d’ailleurs écrit certains des morceaux : ainsi de « Moods », belle composition de Baptiste Trotignon. Le contrebassiste, Thomas Bramerie, a également composé sur l’album The Art of Dreaming.
Jacques Schwarz-Bart souligne que le morceau « Pain », sur les douleurs de l’enfantement, lui tient particulièrement à cœur et évoque, au sens figuratif bien sûr, le processus de création. Les morceaux s’enchaînent avec une fluidité admirable, nous plongeant dans un état bienheureux de rêve éveillé ! A un moment, nous nous rappelons la « Danse du sabre » de Khatchaturian. La force et la beauté du jazz de Jacques Schwarz-Bart tient à son formidable pouvoir d’évocation : voyage tranquille, impeccablement rythmé sans jamais être crispant, d’une sensualité douce et, par instants, « de feu », sa musique nous a littéralement charmés !

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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