Musique
Live-Report : Days Off célèbre Brian Eno (02/07/2012)

Live-Report : Days Off célèbre Brian Eno (02/07/2012)

03 juillet 2012 | PAR Yaël Hirsch

C’est en son absence que la Cité de la Musique a décidé de rendre un hommage au prolifique compositeur britannique. En demandant à ses compatriotes du Icebreaker Ensemble menés par le flutiste James Poke de jouer son album de 1983, « Apollo : Atmospheres ans soundtracks », dans sa version originelle: en accompagnement du documentaire de Al Reinert, « For All Mankind ». Un moment onirique suivi d’un set bruyant du Dj allemand Mondkopf.

Vous avez peut-être déjà entendu quelques notes subréptices de l’album « Apollo » dans le film Drive, à un moment où Ryan Gosling prend l’ascenseur… Hier soir, c’est l’ensemble de l’œuvre composée par Brian Eno, son frère Roger et Daniel Lanois, qui a été jouée devant le public du festival Days Off. Les 80 minutes d’images recomposées par Al Reinert à partir d’images d’archives de la NASA prises de diverses missions Apollo, ont été livrées avec pour seul commentaire la musique douche et sensuelle de Brian Eno. Parfaitement adaptés à la magie qui opère à chaque fois que l’on voit les astronautes américains faire des cabrioles sur la surface pierreuse de la lune, les cuivres de Eno savent se transformer en beat moelleux pour mieux épouser la perspective du film : le point de vue de ces demi-dieux qui effectuent une montée dans l’espace s’arrêtent jusqu’à 8 heures dans la lune et redescendent parmi les mortels. Un moment infiniment planant, où la technologie de la NASA et la technique musicale complexe de l’Icebreaker ensemble, bien rôdé à cette partition depuis son show au Musée des sciences de Londres en 2009, semblent se donner la main pour donner un sentiment d’appartenance et d’adhérence à l’univers. Un effet 2012, Odyssée de l’espace qui a complétement transporté le public de la Cité de la Musique.

Après ce moment de rêve, Days Off a programmé le toulousain Mondkopf en espérant qu’il saurait nous préserver la tête dans la lune. Le jeune musicien qui vient de sortir l’album « Rising Doom » (Fool House) avait préparé une composition spéciale pour l’occasion « Eclipse ». Définie comme « Un hommage ambient et multimédia au maître » (Brian Eno, donc), cette performance  était accompagnée par des images signées Trafik. Deux I-mac, deux tout jeunes hommes et en avant la musique! Sauf que le show paraissait une parodie grossière de la symphonie cosmique de Eno : problèmes techniques produisant 20 minutes de retard avec simplement deux ordis, sons grossiers de bataille ou de soldats de plomb en marche et gribouillis ressemblant vaguement aux soleils noirs de Odilon Redon et dont les mouvements de mollusques ne s’accordaient pas avec le son saccadé et simplet. Une cacophonie donc et une déception.

Dayx off continue jusqu’au 9 juillet, tout le programme, ici!

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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