Musique
Live Report : beaucoup de blues au Festival Rhizomes avec Birds are Alive et MeLL le 8/07/2011

Live Report : beaucoup de blues au Festival Rhizomes avec Birds are Alive et MeLL le 8/07/2011

09 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

Les belles découvertes musicales se succèdent mais ne se ressemblent jamais au sein du Festival Rhizomes. La salle des Trois Baudets accueillait cette fois-ci un set tourné vers le blues avec deux groupes originaux: le one-man band Birds are Alive, et MeLL groupe mené par la chanteuse atypique du même nom.

Un grand jeune homme à la chevelure ébouriffée entre en scène et s’assoit derrière une grosse caisse et un charleston. Birds are Alive c’est un one-man band où la qualité et l’amour de la musique priment. Le chanteur attrape sa guitare rouge, trifouille rapidement son ampli, entame des mélodies bluesy et use de son bottleneck à la perfection pour créer des slides plus qu’inventifs. L’usage impressionnant du kit de batterie en même temps que son jeu de guitare où les doigts volent de cordes en cordes est vraiment prenant. La salle est silencieuse et absorbe entièrement la musique  entendue. « Bon là j’étais en train de digérer, donc je vais commencer à jouer pour de vrai » annonce le chanteur avant d’entamer des titres frôlant le boogie, le rockabilly et la country. Une voix à la Elvis Priesley, un ressenti blues à la Stevie Ray Vaughan et un jeu de guitare à la John Butler Trio, Birds are Alive emmène complètement son public avec des titres tous plus originaux les uns que les autres et  manie à la perfection sa guitare hyper-saturée.  Les sorties voix sont réglées de telle manière qu’il en ressort une voix presque distordue au grésillement résolument vintage. Au bout du huitième titre, le stand du micro décide de faire des siennes, et s’éloigne gentiment de la bouche du chanteur qui tente en vain de le ramener. Un peu déstabilisé et après des tentatives de résoudre le problème, il coupe court à son titre en disant que « le matériel aux Trois Baudets c’est vraiment de la merde ». « Sinon il me reste combien de temps? Je n’ai pas l’heure. Je vous en fais encore un ou deux » conclut Birds are Alive, avant de finir son set – beaucoup trop court au goût de l’ensemble de la salle. Une découverte impressionnante, un talent sous-estimé, Birds are Alive mériterait d’être plus (re)connu !

Changement d’univers, le one-man band de Birds are Alive laisse place au four-people band de MeLL. Une voix claire, des musiciens clairement complices, MeLL apporte un dynamisme au public dès les premiers accords de ses chansons aux textes travaillés. De l’humour, de l’énergie,  MeLL explore les retranchements de la chanson française, du punk et du vieux rock and roll. Accompagnée de Toby Dammit à la batterie, Kid Congo à la guitare et Randy Twigg à la basse et la contrebasse, elle livre des titres variés et vogue entre les styles musicaux.  Les calembours, jeux de mots et contre-pétries sont au centre du song-writing de  MeLL comme « j’ai la corde au cou qui me pend au nez » ou « là je saigne, c’est bien ma veine ».  Quel bonheur aussi de voir des musiciens fiers d’explorer et de dépoussiérer la langue française. L’humilité palpable des deux groupes est rafraîchissante et clôt la soirée placée sous le  signe du blues du Festival Rhizomes. Vive la suite !

Visuels: (c) Moriane Morellec

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