Musique

LaFille + Exsonvaldes + Mintzkov : soirée rock à ne pas rater à la Boule Noire

04 février 2010 | PAR Mikaël Faujour

Nos chouchous de Mintzkov, dont nous vous avons beaucoup causé ces derniers mois, repassent à Paris. Ils partageront ce soir l’affiche avec les Parisiens LaFille et Exsonvaldes. Soirée à ne pas rater !

Les Flamands de Mintzkov, venus d’Anvers, terre de dEUS et patrie par excellence du rock belge, avaient vu en septembre dernier leurs deux albums être réédités pour le marché français. Séduits et bien décidés à les faire connaître, nous les avions salués comme la révélation power pop de la rentrée, les avions applaudis au Nouveau Casino, filmés en session acoustique (voir ici et ). Il suffit d’écouter « Life After Fire », l’excellent titre d’ouverture de leur 2e album, pour être charmé par ce groupe. Ladite réédition de M for Means and L for Love (2003) et de 360° (2007) s’avérait en fait un moyen de mettre la puce à l’oreille au public français et d’annoncer la sortie de leur 3e album. Setting Sun, leur troisième effort studio, sortira en effet le 22 février… mais, semble-t-il, pas en France ! Quelques titres sont déjà en écoute sur leur page MySpace. Ci-dessous, « Violetta », morceau que le groupe rode depuis quelque temps déjà et qui annonce Setting Sun.

Nos compatriotes d’Exsonvaldes, qui ont sorti l’an passé le remarqué Near the Edge of Something Beautiful, avaient donné une série de concerts… à domicile, dans l’appartement de leurs fans. Propice à une relecture acoustique de leur répertoire, ces concerts ont donné au quatuor l’idée d’un album unplugged, intitulé No Place Like Homes, sorti le 25 janvier. On y retrouve notamment le joli single « Lali », dans une interprétation très épurée, ainsi que deux reprises : « As Tears Go By » (Rolling Stones) et « Take On Me » (A-ha). La musique d’Exsonvaldes n’est pas sans parenté avec celle de Mintzkov, les deux formations ayant un sens louable de la composition pop mélancolique et cependant plutôt enlevée que larmoyante.

Les deux groupes partageront l’affiche avec LaFille, chanteuse de rock (en) français (voir notre article). Sur le MySpace de l’artiste, quelques morceaux très engageant. Le troublant, inquiétant, vindicatif (et autobiographique ?) « Ceci est mon corps », adressé à un prêtre violeur pédophile situe le caractère inhabituel de l’inspiration. Une voix chétive, quasi pleurétique à la Jane Birkin, et une musique sobre, froide et élégante. Sur l’érotique « Dans mon appartement », rock plus enlevé et nerveux, la chanteuse déclame avec ferveur « On va baiser… Je vais t’offrir mon cul », façon d’assumer la violence du désir on ne peut plus éloignée des mièvres kitschamours de variétoche.

Le plus sombre « Que je me souvienne », mais aussi « Je suis méchante », « Mademoiselle B » ou « Insecure » (où la voix, plus ouatée, se rapproche de Helena Noguerra) achèvent de charmer. Ce rock changeant, farouche, cathartique et l’énergie féminine (féministe ?), voient LaFille évoluer avec aisance d’un registre à un autre : tour à tour tendre,  piquante, acide, destroy, fragile ou rageuse, dans des textes acérés bien servis par des compositions solides et racées. Autant dire qu’elle est largement au-dessus de la volée de tout un pan de la chanson française, et plutôt du côté d’Adrienne Pauly que de l’imbuvable « rigolote » Anaïs. Et de ça, on en redemande. Et plutôt deux fois qu’une.


DANS MON APPARTEMENT

LaFille | Clips vidéo MySpace


LaFille + Exsonvaldes + Mintzkov à la Boule Noire, jeudi 4 février, 19h30

120, Bd de Rochechouart, XVIIIe arrondissement
Tarifs : 13 à 15€

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Mikaël Faujour

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