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Jazz in Marciac : Emile Parisien et Vincent Peirani sur scène

Jazz in Marciac : Emile Parisien et Vincent Peirani sur scène

02 août 2021 | PAR Orane Auriau

Le duo formé par ces deux amis musiciens Emile Parisien, saxophoniste, et Vincent Peirani, accordéoniste, a fait bouger Marciac ce dimanche 1er août. 

Ils commencèrent avec un rythme rapido, prodigieusement et en fixant d’emblée la barre très haute. Lors de ce concert débuté à 21h, les deux jazzmen ont joué les morceaux phares de leur fructueuse collaboration: parmi eux Deus Xango, Temptation. Dans une ambiance follement swing. 

Endiablés

A eux deux, ils ont porté le spectacle et tenu en haleine le public. Virtuoses, géniaux, énergiques, ils l’étaient. Les interactions avec le public sont naturelles. Emile danse avec son saxophone, d’une jambe à l’autre, alors que les notes s’enchaînent et frémissent à une vitesse à peine croyable. Vincent Peirani pianote à toute bringue, blague à l’occasion entre deux morceaux, créant une belle complicité avec les amoureux du jazz venus les écouter. Puis le rythme ralentit, s’adoucit, tout se savoure, autant qu’il s’accélère et laisse éclater toute leur virtuosité. Le décor scénique est simple, quelques ampoules les entourent; rien de surfait ou d’exagéré, ni d’effets de lumière outranciers, leur jeu musical suffit amplement.

A eux seuls, et comme ils le disent eux-mêmes « avec du swing », ils confient leur étonnement de constater l’engouement qui leur est témoigné dans le Chapiteau de Marciac. Oui, ce swing a provoqué chez les spectateurs une réaction viscérale et sensible en leur faisant taper du pied. Des enfants frappaient du pied au rythme de la musique, blottis contre leur mère. 

Remettre au goût du jour certaines sonorités

La mélodie se fait parfois douce, ils goûtent leurs notes. Ils savent autant faire rire leur public que de nous donner envie qu’ils en rajoutent une couche. On retient ce moment suspendu où le public seul claque des doigts, Emile Parisien pose son instrument et fait semblant de quitter la scène en nous mimant drôlement avec la main « ils sont fous ».  Mais l’impression qu’il en reste essentiellement est celle de deux personnalités endiablées, furieuses et belles dans leur jeu. Avec des moments de magie, de suspension, notamment avec le morceau Hysm

On notera au passage, surtout pour ceux qui auraient des préjugés sur cet instrument, l’utilisation incroyable de l’accordéon, pourtant marginalisé du monde de la musique et même du jazz, qui n’est pas vraiment roi ou célébré au festival de Marciac. Vincent Peirani offre ainsi des sonorités peu explorées avec l’instrument. Le met au goût du jour alors qu’il peut avoir, dans notre culture, une image quelque peu désuète. Il fait d’ailleurs corps avec son instrument, tout comme son comparse Emile qui semble en faire une extension de sa propre chair. Une belle symbolique pour ce dernier, ancien élève de la première promotion du collège de jazz de Marciac. 

Crédits visuels © : Charlie Jazz

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Orane Auriau

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