Jazz
[Live report] Vincent Peirani et Emile Parisien au festival Jazz’N’Klezmer

[Live report] Vincent Peirani et Emile Parisien au festival Jazz’N’Klezmer

28 novembre 2014 | PAR Delphine Habert

Lundi dernier, dans le cadre du 13ème festival Jazz’N’Klezmerles deux trublions du jazz Vincent Peirani et Émile Parisien interprétaient les morceaux de leur dernier album Belle Époque, dans l’enceinte de la synagogue Copernic.

Un concert dans une acoustique telle que celle de ce lieu spirituel et riche en histoire qu’est la synagogue Copernic n’est jamais simple à appréhender pour un musicien. La propagation du son est singulière, toutes les subtilités d’un instrument se perçoivent à merveille, et le moindre manque de souffle ou d’assurance peut se ressentir tout de suite. C’est dans ce genre de cadre que l’on peut se rendre compte facilement de la qualité de jeu d’un musicien, l’artiste est littéralement mis à nu.

Lundi soir, le talent des deux instrumentistes ne faisait aucun doute. La virtuosité du saxophoniste, comme celle de l’accordéoniste, était au rendez-vous. Le concert débute avec leur reprise du standard « Egyptian Fantasy » de Sidney Bechet, des triolets à l’accordéon et une mélodie suave et langoureuse au saxophone. Les deux instruments dialoguent dans un tourbillon de notes. Évidemment, l’accordéon joue la plupart du temps le rôle de socle harmonique, mais les rôles s’échangent parfois. Souvent, les deux instruments jouent comme s’ils interprétaient chacun un solo de leur côté, laissant planer une certaine cacophonie mélodique, comme par exemple dans leur interprétation de « Temptation Rag », une composition de Henry Lodge. Quand l’un joue en ternaire, l’autre joue en binaire. Les deux musiciens laissent émerger de leur machine des bruits divers et variés, dessinant un univers sonore très riche et intriguant. Ils passent d’un univers musical à un autre, en deux temps trois mouvements, parfois plusieurs fois dans le même morceau.

La valse imprègne la plupart de leurs interprétations, le morceau « 3 temps pour Michel P » en est un bon exemple. On parle ici de Michel Portal, « le P en question peut aussi servir pour Parisien… et pour Peirani » s’amuse à préciser Vincent Peirani. Les deux musiciens nous entrainent aussi dans l’univers des messes de Schubert, l’accordéon prenant tantôt le rôle de l’orgue, tantôt celui de la cornemuse irlandaise. Le saxophone, quant à lui, fait office de trompette, Emile Parisien tenant l’instrument à la verticale devant lui, tel un trompettiste, les joues toutes gonflées d’air.

La complicité entre les deux musiciens se sent à des kilomètres à la ronde, et il faut une certaine connivence pour pouvoir interpréter avec une telle précision et en telle symbiose les morceaux choisis qu’ils ont interprétés ce lundi soir !

Même si la longueur de certains morceaux a pu en assoupir quelques uns, ce concert était une vraie pause musicale comme on les aime dans nos vies chahutées où l’on prend que trop peu souvent le temps de s’arrêter et de simplement écouter.

Visuels : © Act Grosse/Geldermann

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Delphine Habert

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