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Jacky Terrasson Trio invite Rhoda Scott à la Seine Musicale, un très grand moment de jazz

Jacky Terrasson Trio invite Rhoda Scott à la Seine Musicale, un très grand moment de jazz

05 juillet 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Accompagné de Sylvain Romano à la contrebasse et de Jeff Ballard à la batterie, l’immense pianiste Jacky Terrasson a reçu une invitée d’honneur le 30 juin dernier dans l’Auditorium de la Seine Musicale : l’organiste aux pieds nus, « The Barefoot Lady », Rhoda Scott. Un concert événement.

La crème de la crème des musiciens

L’Auditorium Patrick Devedjian de la Seine Musicale sur l’Ile Seguin est un lieu à part. Conçu par Jean de Gastine et Shigeru Ban (lauréat du prix Pritzker en 2014), cet écrin fantastique couleur de miel au plafond alvéolé, véritable prouesse architecturale de verre et de bois à l’acoustique parfaite, impose le respect. Lorsque vous vous installez sur les confortables fauteuils rouges et que vous observez autour de vous, il se passe déjà quelque chose. La scène est majestueuse, les lumières dorées créent une atmosphère douce et agréable, les instruments sont en place, ne manquent plus que les artistes, applaudis chaleureusement à leur arrivée.

Le pianiste virtuose franco-américain né à Berlin, Jacky Terrasson, a réuni pour cette soirée exceptionnelle la crème de la crème des musiciens avec le talentueux contrebassiste français Sylvain Romano, tout en nuances et délicatesse, le batteur américain Jeff Ballard, au jeu expressif et véloce, et puis une grande dame du jazz, organiste hors-pair lancée par Count Basie dans son club de Harlem, Rhoda Scott.  Le concert promet d’être grandiose.

Le Jacky Terrasson Trio démarre avec une magnifique interprétation des compositions du pianiste, que vous pourrez retrouver sur l’album 53, sorti fin 2019. Chaque titre est un bijou d’une beauté harmonique remarquable comme « The Call » ou le morceau « Kiss Jannett for me », deux pépites musicales qu’on écoute en boucle. Dans le morceau hommage à Keith Jarrett, Terrasson arrive à créer une tension spectaculaire avec une seule note à la main gauche en guise d’introduction. La consonance parfaite du la, le balancement impeccable de l’octave qui résonne et où viennent se mêler les plus beaux accords et mélodies. C’est sensible, éblouissant, prodigieux. 

Un jeu technique flamboyant

Jacky Terrasson, au piano acoustique et Fender Rhodes, nous offre avec ses musiciens un florilège époustouflant dont il a le secret. Dans « Mirror », les notes se bousculent presque, le tempo s’accélère, le jeu très technique est flamboyant. 

Avec « Alma », musique composée pour le film La Sincérité (Charles Guérin Surville – 2019), dans lequel Jacky est Jimmy, un pianiste de jazz instinctif, la mélodie est plus suave, calme et satinée. 

Terrasson convoque ensuite Charlie Chaplin avec le titre « Smile », revu avec des arrangements originaux et la mélodie d’Harry Potter en clin d’œil, Stevie Wonder dont la chanson « Isn’t she lovely » est remaniée avec maestria, et provoque une rencontre inédite entre Mozart et Gershwin, où « Sequentia : Lacrimosa » et « Summertime » se télescopent superbement. 

Rhoda Scott joue avec un entrain et un sourire indéfectibles du début à la fin. Sa joie est contagieuse, l’orgue Hammond vibre et transcende tout. Le final est formidable avec une version unique qui nous emporte de « Mercy Mercy Mercy » (Joe Zawinul) sans oublier un dernier Blues en guise de rappel.

Alors oui, on a envie de dire bravo, bravo, bravo, et on guette déjà les prochains concerts !

 

Visuel : Affiche de l’événement Jacky Terrasson Trio invite Rhoda Scott

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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