Jazz
Cyrille Aimée invite Lucienne Renaudin Vary à la Seine Musicale 

Cyrille Aimée invite Lucienne Renaudin Vary à la Seine Musicale 

23 septembre 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Le 21 septembre 2021, la chanteuse Cyrille Aimée donnait pour la première fois un concert dans l’Auditorium de la Seine Musicale. Pour l’occasion, elle était accompagnée par les guitaristes Adrien Moignard et Mathieu Chatelain ainsi que Lex Warshawsky à la contrebasse. Une jeune invitée a rejoint le quartet : Lucienne Renaudin Vary à la trompette. Une soirée lumineuse sous le signe du talent et de la beauté. 

L’art du scat ou l’improvisation vocale dans le jazz

Dès les premières notes chantées, Cyrille Aimée envoûte la salle de l’Auditorium. Son grain de voix est unique, harmonieux, chaleureux. Elle nous enveloppe de douceur et de velours. C’est soyeux, coloré et puissant. A l’instar de Louis Armstrong ou d’Ella Fitzgerald, Cyrille est une adepte du scat, forme de jazz vocal à base d’improvisation musicale. Elle entonne des syllabes, s’exprime par onomatopées rythmiques, nous sert un charabia à la fois mélodieux et incompréhensible. Et pourtant, le message passe. La salle réagit, encourage les artistes et applaudit à tout rompre. 

Entre chaque chanson, elle aime nous raconter des anecdotes, des petites histoires liées à son parcours, à la création de ses titres et nous répète son bonheur d’être là, devant nous, dans cette salle magnifique. 

Un quintet inspiré

Les musiciens qui l’accompagnent la connaissent depuis longtemps. Elle avait rencontré à 15 ans Adrien Moignard au Festival Django Reinhardt. Après une nuit de jam session jusqu’au petit matin, elle avait osé enfin aller chanter avec les guitaristes qu’elle admirait  tant et depuis, leur amitié était scellée. 

Le concert démarre tout en douceur avec All Love, titre composé par le guitariste Babik, fils de Django Reinhardt, repris en 2013 par la chanteuse qui a posé sur les accords ses propres paroles. Le thème est très lent, la mélodie calme et apaisante. Un halo de douceur se propage dans l’auditorium et installe un climat serein.

Et la trompette dans tout ça ?

Quand la sémillante Lucienne arrive sur scène, toute menue et délicate, elle est bondissante, ne tient pas en place et sautille pieds nus avec sa trompette à la main. On a l’impression qu’une jeune fille à peine sortie de l’enfance se présente à nous. Mais quand elle se met à souffler dans son instrument, qu’elle tient parfois à une seule main en jouant, on comprend tout de suite pourquoi la seine jazz internationale se l’arrache. Son jeu est subtil, élégant, tout en nuances. La rythmique et les sonorités très affirmées nous plongent dans son univers. Elle est là et bien là avec sa jeunesse, son enthousiasme et un style qui lui est déjà propre. 

Les influences manouches sont fortes. La dextérité des guitaristes est dingue. Adrien joue très vite, la cadence est ultra rapide. Mathieu et Lex sont hyper véloces, d’une agilité sans faille. Les sonorités sont empreintes de couleurs orientales, de mesures asymétriques et d’arpèges diminués aux mélodies voluptueuses. La contrebasse frétille, Lex Warshawsky est en grande forme et nous offre des solos impérieux.

Un répertoire éclectique 

Au fil de la soirée, on découvrira quelques titres de l’album Between Clouds d’Adrien Moignard dont Cyrille est fan et nous recommande de l’écouter en boucle. On aimera sa reprise originale de la chanson Overjoyed (Stevie Wonder), on se laissera bercer par le blues Live alone and like it. Antonio Carlos Jobim et Edith Piaf feront partie de la sélection musicale avec notamment un joli duo chanté par Cyrille et Lucienne. 

On aura droit aussi à un solo Looper avec Cyrille, qui nous fera une démo atypique de la boucle : comme quoi, même seule sur scène, elle envoie ! Les sons se superposent, c’est créatif et original, rythmé évidemment et entraînant. On attend son prochain album « spécial Looper », clairement il y aurait un truc à faire. 

Une salle debout et deux rappels plus tard, le public a réclamé Nuit Blanche et l’a eue. On quitte la Seine Musicale heureux pour découvrir un ciel à peine voilé, éclairé par une pleine lune scintillante. Une belle soirée à tout point de vue. 

 

Visuel : affiche

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Le 21 septembre 2021

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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