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Frero 110GN : « Ce projet a été une vraie prise de risque pour moi » (Interview)

Frero 110GN : « Ce projet a été une vraie prise de risque pour moi » (Interview)

14 mai 2022 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Frero 110GN est un artiste et producteur d’origine haïtienne qui a grandi à Strasbourg. Avec une carrière de près de 20 ans dans le rap, il a largement contribué à populariser le rap de l’Est en France et à l’étranger. Il fait son grand retour avec « Elysium ». Un EP dystopique de 4 titres qui sonne juste dans un monde anxiogène que l’on sait. 

Toute la culture a échangé avec Frero 110GN en visio. 

Toute la culture : Que signifie « Elysium » et pourquoi ce titre ? 

Frero 110GN : « Elysium », représente un endroit où il n’y a pas de problèmes. C’est un titre qui fait référence au film « Elysium » avec Matt Damon. « Elysium » est un lieu où on ne retrouve les problèmes du quotidien qu’on trouve sur terre. C’est un scénario qu’on retrouve dans pas mal de films dystopiques comme « Time Out » avec Justin Timberlake. C’est un film où, au lieu de gagner de l’argent, on gagne du temps. Les riches ont beaucoup de temps alors que les pauvres n’ont que quelques heures. Quand le temps arrive à zéro, ils meurent. Mon titre « Elysium » s’est un peu inspiré de tout cela mais aussi de la réalité. Ces dernières années, je me suis orienté plus vers l’écriture dystopique en faisant une petite exagération de la réalité actuelle. 

En quoi le contexte actuel marqué ces dernières années par le Covid, la guerre en Ukraine vous a inspiré pour l’écriture des chansons ? 

En vérité, la guerre en Ukraine, ce sont plus les médias qui l’ont interprété comme ça. Mais en fait, j’ai écrit le titre « Elysium » pendant le premier confinement. C’est un ami beatmaker qui m’a envoyé le son. J’ai enregistré le titre chez moi avec mon fils et ma femme. C’est comme ça que le morceau est né. Au départ, ce titre devait être dystopique mais il devenait de plus en plus réel au fil des jours. Notamment avec le Covid et l’ampleur que ça prenait. Et ce titre est sorti au moment de la guerre en Ukraine. Je me suis aussi inspiré du thème de l’écologie en reprenant des discours de Greta Thunberg. 

Est-ce que vous avez vécu personnellement, des choses qui vous ont marqué et même bouleversé, pour l’écriture des textes ? 

Je me suis inspiré déjà de ce qu’on a vécu par rapport au Covid et le fait d’avoir perdu quelqu’un qui nous est cher. Moi, personnellement en octobre 2020, j’a vécu un truc de dingue. Un feu s’est déclaré chez moi en pleine nuit. Avec mes proches, on a réussi à partir de l’appartement. Il y avait tellement de fumée. On a perdu tout notre matériel notamment des disques durs. Mais on s’est rassuré en se disant qu’on n’avait rien. C’est le genre de truc où on se dit que ça n’arrive qu’aux autres et quand ça nous arrive, on se dit : merde ! C’est aussi ce qui explique le fait que le projet est sorti un peu plus tard que prévu. 

Quel serait un monde meilleur pour vous ? 

Le monde meilleur, ce serait un monde où on respecte les gens par rapport à leurs valeurs et leurs compétences. Qu’on évite de les juger en fonction de leurs origines.  

Quels ont été les retours sur ce projet ? 

Ce projet a été une vraie prise de risque pour moi. En même temps, c’est la valeur ajoutée qui a permis d’intéresser pas mal de gens. Le fait que ça sonne vrai a permis de toucher beaucoup de gens. J’ai eu pas mal de bons retours même si l’algorithme de YouTube a un peu saboté le clip à cause des armes et du vocabulaire comme guerre, misère… Mais sinon, on est content du clip parce qu’on l’a fait avec un petit budget. Le rendu correspond exactement à ce qu’on voulait. 

Quelle est la suite des projets pour vous ? 

Je prépare actuellement un nouvel EP que je finalise. Il y a plusieurs featurings notamment avec le rappeur de Shock qui vient de Strasbourg, avec Napoleon Da Legend. Tout se fera normalement à la rentrée ! 

 

Photos : Blocos Music. 

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Kevin Sonsa-Kini

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