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Melt festival 2019, chaleur tempête et bonheur

Melt festival 2019, chaleur tempête et bonheur

04 septembre 2019 | PAR Quentin Lazeyras

Cet été, non loin de Leipzig (Est de l’Allemagne) le Melt festival fêtait sa 22ème édition et accueillait près de 20 000 festivaliers. Toute la culture était sur place pendant trois jours, on vous raconte.

Le site de Ferropolis qui accueille le festival parait idyllique. Un décor de rêve pour un festival allemand principalement techno. Son ambiance post-apocalyptique offerte par une ancienne usine abandonnée où les grues et engins mécaniques immenses habillent le paysage, se mêlent au lac qui entoure le site. Pour pouvoir profiter d’un tel cadre et d’une line-up aussi spécifique et éclectique que celle du Melt il faut s’accrocher.

Le première journée ne fait que commencer, les campements prennent forme et les groupes de festivaliers défilent toute la journée sous une ardente chaleur. Pour pénétrer dans l’enceinte du festival il faut traverser un long chemin en longeant le lac et la forêt qui borde le site. Avant l’entrée sur le festival, nous découvrons le SleeplessFloor, comme son nom l’indique cette scène ne dort jamais. Habillés de palissades aux couleurs pastelles et caractérisé par un œil géant surplombant la cabine de l’artiste qui regarde le public dansant sur le sable chauffé par le soleil, cette scène est déjà pleine de vie.

                Il n’est que 15 heures, la majorité des scènes sont déjà en activité et le public répond d’ores et déjà présent. C’est à 20h que commence le set du DJ allemand Stephan Bodzin sur la scène « Big Wheel ». Les mélodies hypnotiques accompagné d’un rythme prononcé joué par le boss du label Herzblut nous met en jambe. Mais pas le temps de trop trainer. Enfoncé au milieu des arbres la scène « Forest stage » accueille Peach, l’une des DJ la plus demandée de la scène londonienne. Son set est à peine fini que les notes qui résonnent de la Big Wheel nous attire. C’est Dr Rubinstein, qui en B2B avec Tijana T a récupéré les platines de Stephan Bodzin. Cette fois-ci le tempo a grimpé d’un cran, les corps dansent et font monter la température de la scène sur de la techno plus industrielle et propice aux passionnées.
La montre défile et le temps ne se fait pas ressentir, mais c’est déjà l’heure pour Jorja Smith, l’une des têtes d’affiche du festival, de monter sur scène. La chanteuse de Soul et R&B offre un spectacle lumineux et flamboyant. L’émotion traverse et envoûte le public. Après près d’une heure de show la nuit continu et la multitude la richesse de la programmation impose un dilemme. De minuit à cinq heures du matin s’enchaîne une diversité d’artistes. Pour les amateurs de techno berlinoise, il fallait choisir entre le duo Modeselektor et le DJ Kobosil. Pendant ce temps, sur la scène Gremmin Beach qui donne vue sur le lac, c’est le fondateur de la marque de luxe Off-White, Virgil Abloh avec un mix de hip-hop et trap américaine qui contrôle les platines. Du côté du Sleepless Floor, c’est Honey-Dijon puis Job Jobse qui ambiancent la nuit jusqu’au lever du soleil avant que Solomun s’approprie la scène pour la matinée et réalise un set de plus de huit heures.

Jour 2 : Samedi

                Après une première journée de festival démente, les festivalier peuvent profiter du cadre pour se détendre au bord du lac, que ce soit dans les bois ou sur la Gremmin Beach avec de la musique. La soirée ne fait que commencer que certains concerts sont déjà immanquables. Le jeune Suédois Yung Lean monte sur la scène principale : „Melt Stage“. Cet artiste suédois incarne l’une des nouvelles vagues du hip-hop et amène avec lui toute la mélancolie et la tristesse qui le caractérise.
Il est l’heure pour le Sleepless Floor d’accueillir le duo Kollektiv Turmstrasse. Après deux heures de mix, le vent se lève. Les nuages commencent à gronder et une vague humaine sort du site du festival. Quelques minutes après, le duo d’Hamburg annonce devoir arrêter leur set. Brusquement la musique se coupe. La sécurité renvoie tous les festivalier au campement.
Sur le chemin du retour, la pluie tombe de plus en plus fort, mais les festivaliers ne vont pas en rester là. Ils chantent, ils dansent. La fête ne s’arrêtera pas si vite. C’est lorsqu’ils arrivent sur le camping qu’ils sont frappés par la réalité de la tempête. Les tentes s’envolent, les tonnelles se brisent, les bâches et les ombrelles sautent d’un campement à l’autre. Les rires et les cris résonnent sous la pluie, pendant que les sinistrés tentent tant bien que mal de sauver leurs affaires.
Après près de deux heures d’attente, le festival reprend. Sur la scène Big Wheel, Mall Grab prends les platine pour remotiver les troupes sur une techno progressive avant de laisser place au duo Fjaak qui a son tour, fait monter le BPM. La soirée se finira sur cette scène avec un mix de l’artiste c. La DJ belge offre un concert de techno ultra vibrante et bouillante à souhait, de quoi réchauffer la foule avant la fermeture du site et le retour pour les intéressés sur le Sleepless Floor où joue Magdalena.

Jour 3 : Dimanche

                Pour le dernier jour de festival, il faut s’accrocher tous les concerts appellent à être sublimes. Dès 11h, c’est Ben UFO, le Dj anglais et fondateur du label Hessel Audio qui ouvre la journée sur le Sleepless Floor avec un set entre minimal, house, grime et techno. Shanti Celeste enchaine avec un concert marqué par ses influence house techno et funk. Une suite de concert en connivence avec le public qui a besoin de se réveiller doucement, mais intensément en musique.
Dans la soirée, pour le concert de Skepta Toute la culture a la chance d’observer le show depuis les hauteurs de la grue centrale du site. Le rappeur Britannique de 36 ans pionnier de la Grime enflamme la foule. Tous ses titres mythiques sont au rendez-vous pour faire sauter le public dans tous les sens. De „Bullet From a Gun“ à „Greaze Mode“ en passant par „No sleep“ le public connait toutes les paroles. Alors que A$AP Rocky fut forcé d’annuler son concert au Melt et sa tournée d’été en Europe par la justice suédoise, Skepta ne manque pas de lui faire ovation en interprétant leur morceau commun „Praise the Lord“. Depuis les hauteurs de Ferropolis, on peut voir la foule se déchainer et pogoter dans tous les sens, ce que Skepta remerciera en fin de concert.

Dans la nuit s’en suit sur la plage le concert de Ross From Friends, célèbre producteur d’électro et de techno britannique. Avec ses titres mythiques tel que „Talk To me You’ll Understand“ ou „Project Cybersyn“, il sut faire naviguer le public entre des ambiances rythmé et lancinantes.
En parallèle, Park Hye Jin, la DJ rappeuse et chanteuse sud-corénne qui s’est hissé au sommet de la house mondiale en 2019 offre un set mélangeant dream-house, hip-hop et techno lo-fi entre les arbres de la scène „Forest Stage“.

Pour finir ce festival en beauté, c’est le retour de The Black Madonna, la DJ resident du Smart-Club de Chicago qui revient cette année pour un set de folie long de trois heures. Groovy, presque même disco, puis énergique et techno son show est à l’image de sa toile musicale, éclectique et magnifique. Le closing est quant à lui mythique et immanquable. Pour les habitués du Melt Festival, le Set de Ellen Allien est devenu une seconde nature. De trois à huit heures du matin, c’est cette Dj de Berlin qui s’occupe d’aliéner les corps. „Avec ma musique, j’envoie des invitations à tous les corps pour rejoindre le voyage. Dans notre société capitaliste, les corps sont de plus en plus déconnectés. Tout le monde doit s’assoir derrièwre un bureau et les cerveaux sont fixés aux ordinateurs. Je prescris donc plus de fête, plus de sexe, plus de mouvement et déjà vous vous sentirez mieux“. C’est ainsi qu’elle décrit sa philosophie. La devise du Melt festival cette année : „Melt Knows No Borders“ ne pourrait pas mieux convenir pour ce closing. Cette devise est également à l’image du show d’Ellen Allien : captivant, extatique et incroyablement inouï.

Retrouvez l’Aftermovie du festival sur YouTube.

Crédit photos :
Photo 1 : © Nicola Rehbein/Jen Krause – Photo 2 : © Ben McQuiade – Photo 3 : © Christian Hedel – Photo 4 :  © Christian Hedel – Photo 5 : © Janis Trau – Photo 6 : © Janis Trau – Photo 7 : ©Marc Prodanovic – Photo 8 : © Marc Prodanovic – Photo 9 : © Nicola Rehbein/Jen Krause – Photo 10 : © Ben McQuiade

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Quentin Lazeyras

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