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[Live report] The Ratpure et Cassius au Showcase : de la splendeur de la house

[Live report] The Ratpure et Cassius au Showcase : de la splendeur de la house

23 juin 2013 | PAR Bastien Stisi

5735-open-house-au-showcase-avec-cassius-570x0-1Les légendaires Philippe Zdar et Boom Bass, les deux membres fondateurs de Cassius, introduits une nouvelle fois par le dj set de Vito Roccoforte et de Gabriel Andruzzi de The Rapture, à l’occasion de la réédition d’une line-up qui avait si bien fonctionné en janvier dernier : c’était au Showcase hier soir, et cette fois, on ne l’a pas loupé. Toop, toop.

Qu’ils brandissent fièrement sur le devant d’une scène la ribambelle d’instruments qui confectionnent leur formidable univers musical (guitares, batterie, claviers, cuivres…) ou qu’ils se retrouvent dénudés devant la dématérialisation d’une table de mixage, les performances des new yorkais de the Rapture partagent en toute occasion cette même hésitation sonore constante entre le disco, l’électro, l’acid-house et le rock dandinant calibré pour les dance-floors les plus branchés et les plus élégants du monde entier. Hier soir, c’est sans l’assistance de sa tête pensante et vocale Luke Jenner que le duo composé de Gabriel Andruzzi et de Vito Roccoforte (multi instrumentistes habituels du groupe) proposait au public parisien d’émietter et de véhiculer les composantes d’un set dont les contours résolument house rappellent à l’esprit que In the Grace of Your Love, le dernier album des Rapture sorti en 2011, était alors passé sous le mixage expert et intensif d’un certain Philippe Zdar…

C’est d’ailleurs par l’intermédiaire du clavier, de la batterie, des cuivres et du chant samplé de Luke Jenner sur l’exaltant « How Deep Is Your Love ? », tonitruant single phare de l’album dont la projection dans les enceintes provoquera une vague de frénésie généralisée, que les Rapture ponctueront leur set, dressant pour l’occasion un pont (en or massif) qui permettra au Showcase de rejoindre le territoire house et électronique des Cassius, accueillis sur le devant des platines par une acclamation immense.

Dandinements corporels, clappements de mains zélés et cordes vocales qui s’esquintent pour accompagner les dernières notes du tube magistral des new yorkais (« Let me hear that song » / « oh how deep is your love ?!!! »), et bientôt, une nouvelle folie dans les tympans, avec l’arrivée de l’entêtant et mythique « I Love You So » des Cassius, dont le refrain aigu et criant servira de leitmotiv récurrent à Philippe Zdar et à Boom Bass tout au long de la soirée.

Pas d’album depuis l’année 2006 pour l’élégant duo, mais un public nombreux, fidèle et conquis d’avance par ces pionniers absolus d’une certaine idée de la french touch, passés maîtres dans l’art d’acoquiner la house avec le funk, le disco, la techno, l’électro ou la pop dans une démarche qui ne manquera jamais d’évoquer une certaine ressemblance avec les premiers soubresauts des Daft Punk, auxquels les deux parrains Zdar et Boom Bass ne manqueront d’ailleurs pas de faire référence, en mélangeant parfois leurs propres compositions avec des sons des deux humanoïdes (un son de cloche, des boucles électro, des guitares numérisées, et les murs du Showcase sur le point de venir percuter le sol sur l’arrivée forcément inattendue du géant « Aerodynamic » des Daft…)

Les basses tambourineuses et les pulsions électroniques de « Jackrock », le pointillisme numérique du transcendant « Cactus », la pureté house et éclatante de « I Feeling for You », le groove FM de « The Sound of Violence », et, chemin obligatoire et absolu dans la quête de l’atteinte du nirvana sur dance-floor, l’électro pop rockeuse de l’éternel « Toop Toop », onomatopée formidable qu’il sera alors tout à fait inenvisageable de ne pas répéter encore et encore dans les alentours de cinq heures du matin, lorsque les deux artistes abandonneront les platines à leurs successeurs, et leur talent à la postérité.

Visuel © : affiche de la soirée

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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