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[Live report] Boys Noize au Showcase : set robotique et enivrant

[Live report] Boys Noize au Showcase : set robotique et enivrant

19 mai 2013 | PAR Bastien Stisi

ich-ruHeure avancée d’une nuit légèrement pluvieuse et humide. Parenthèse égarée entre la journée de samedi et celle d’un dimanche encore bien loin d’être estival. Quelques parigots s’écartent des enclos culturels mis à la disposition du public pour la Nuit des Musées, lorsque d’autres viennent grandir davantage encore la file immense qui part du pont Alexandre III pour aller se terminer vers l’entrée du Showcase, grotte classieuse et bruyante où se pressera dans quelques instants l’immense dj berlinois Boys Noize. Au milieu de la foule, mixte et éclectique, quelques oreilles particulièrement attentives : les nôtres.

S’il paraît bien difficile de retrouver les visages et les silhouettes familières censées nous accompagner toute la soirée durant au sein de la foule nombreuse et bruyante du Showcase (« euh…elle est où Camille ? »), aucun mal cependant à localiser l’arrivée du dj allemand sur les platines dans les alentours de trois heures du matin, tant le timbre sonore et numérique d’Alexander Ridha (le patronyme civil de Boys Noize) paraît se distinguer du commun en moins de temps qu’il n’en faut pour s’enfiler une vodka pomme dans un gobelet trop glacé.

Acclamation immense pour accompagner la silhouette à casquette du berlinois, et rapidement, le rythme méchamment électronisé et la vocalité robotisée de « Ich R U », le dernier single sorti courant 2012, qui s’exporte dans nos tympans intensément sollicités par un mélange d’acid house délicieuse, de minimale zombifiante, d’électro-rock dark et dirty, de techno transcendante et de disco pop allumeuse. Réjouissances joyeuses et jouissances vocales ponctuelles d’une foule transcendée et littéralement enivrée par un set brut et travaillé, emmitouflé derrière une sono parfaitement propre et structurée.

La house ninety et les boucles répétées de « Adonis », la fureur aérienne et sensuelle de l’immense « Donnastag », l’agression désordonnée de « What you want » : aucun moyen de ne pas basculer dans une frénésie numérique et robotisée stupéfiante, performance experte et vaillante d’environ deux heures ponctuée en beauté par les rugissements virulents et transcendants de « & Down » et ses beats technoïdes, pointillistes et endiablés.

Plus de métro à cinq heures du matin, mais des bourdonnements dans les oreilles et des boucles robotiques intensifiées dans le cœur, et quelques taxis qui traînent sur l’avenue Winston Churchill. « Chauffeur, direction Berlin ! » Un peu loin à cette heure-ci sans doute. Il nous faudra donc patienter jusqu’au mois de juillet et l’attente des Eurockéennes de Belfort pour revoir la démonstration de force de l’hyperactif producteur germanique sur le sol français. Hâte.



Visuel © : pochette de Ich R U de Boys Noize

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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