Electro

Live report : Nuits Sonores, nuit 4 : Jon Hopkins, Rone, Batida et Laurent Garnier

Live report : Nuits Sonores, nuit 4 : Jon Hopkins, Rone, Batida et Laurent Garnier

18 mai 2015 | PAR La Rédaction

Pour sa treizième édition, le festival des Nuits Sonores qui s’est tenu à Lyon du 13 au 17 mai confirme une programmation autant axée sur la découverte que les grands noms de l’électro. La soirée 4 dans le décor très urbain de l’ancien marché de gros a suivi ce concept à la lettre.

Jon Hopkins : 00h30 – 1h30 : clips et claques

Minuit vingt-cinq, les festivaliers se pressent pour voir celui qui va succéder au set des Anglais de The orb. En quelques minutes le hall 1 est plein à craquer. Les trois nuits précédentes n’avaient pas provoqué un tel mouvement de foule pour un artiste. C’est que Jon Hopkins est, pour reprendre les termes de Vincent Carry, directeur des Nuits Sonores, « un des événements de cette année».
Pour assurer le spectacle, le Londonien de 35 ans joue avec l’écran géant installé derrière lui. Ce soir là, il sera un des seuls à accompagner chacun de ses morceaux d’une vidéo. Images d’un jeune skate-boarder sur les routes des banlieues désertiques américaines, ou paysages lunaires qui donnent de l’air à l’univers du photographe irlandais Richard Moose. Les clips collent parfaitement à sa musique efficace. Voire trop efficace. Hopkins cueille le public à froid. Il rentre dans le vif du sujet avec le très énergétique « We disappear », puis enchaîne avec son hymne « Open eye signal » (les deux morceaux d’ouverture de son dernier album de compositions « Immunity »). Deux titres phares qui auraient mérité quelques préliminaires pour être appréciés à leur juste valeur. Pourtant Hopkins sait aussi faire monter le plaisir. Au Field day festival en juin 2014, il avait choisi d’ouvrir en douceur sur des tracks plus aériennes. Là, on sent qu’il veut confirmer son virage vers des sonorités plus dancefloor. Il n’oublie tout de même pas sa griffe contemplative dans le milieu du set avant de terminer sur une techno plus agressive bercée par les flashs géométriques qui défilent sur l’écran. Une heure plus tard, préliminaires ou pas, le pied est alerte et surtout pris.

Rone : 1h45 – 2h45 : Mortelle parade
Deuxième artiste très attendu, le Parisien Rone. Le trentenaire est une des grandes révélations électronica des 5 dernières années. Sur la scène du hall 2, il joue très peu de compositions de son dernier album. Pas étonnant, car l’ambiance de « Créatures » est intimiste et flirte avec la variété française (notamment le featuring aérien d’Etienne daho sur Mortelle). Une atmosphère peu adaptée au gigantisme des Nuits. À la place Rone mélange ses anciens albums, rappelle ses premiers amours berlinois en les accrochant à de la techno percutante. Le message passe auprès du public. Des hits « parades », « bora vocal » à « ouija », les gens moulinent bras et sneakers en signe d’approbation.

Batida : 02 h- 03 h : sifflets do Brazil

La politique des Nuits c’est aussi et surtout la découverte de musiciens pointus peu connus du grand public. Batida qui se produisait dans le hall 3 appartient à cette catégorie. Ce groupe est un projet du compositeur portugo-angolais DJ Mpula. Au menu, une fusion entre rap, électro, rythmes effrénés du kuduro (qui signifie littéralement « cul dur ») et la musique angolaise des années 60-70. Le résultat est explosif et donne une envie urgente de se déhancher. Et c’est bien ce qui arrive. La foule beaucoup plus éparse que dans les deux autres salles a de la place pour danser et ne se fait pas prier. La température monte quand à l’avant dernier morceau, le chanteur lance des dizaines de sifflets blancs au public. Et tout le monde d’accompagner gaiement le tempo aux accents de semba jusqu’aux applaudissement finaux, chaleureux, mais brefs. Il est l’heure de partir écouter LE grand fidèle des Nuits Sonores.

Laurent Garnier : 03h – 05h : fidèle infatigable

Retour au hall 1 pour le set du Français Laurent Garnier. Depuis 25 ans ce DJ producteur écume les clubs du monde entier en prenant soin de poser chaque mois de mai ses platines à Lyon. En grand habité des terminus du samedi, Garnier a su garder l’énergie du public en enchaînant les mixs efficaces. Vu les cris dans la foule, personne n’est prêt à dormir. La preuve. A 5 heures du matin, les festivaliers ne veulent pas quitter Garnier. Vous avez demandé un rappel? Avec plaisir répond le généreux Laurent qui part pour une demi heure supplémentaire alors qu’il joue déjà depuis 2 heures. En récompense il reçoit une standing ovation de 10 minutes avant de partir se reposer en prévision d’une autre grande performance. Dimanche, le quasi cinquantenaire a enchaîné 6 heures de live avec cette fois-ci non pas trente minutes de rappel mais deux heures. De quoi se demander si son sobriquet de papy de l’électro est bien adapté…

Alexia Kildine LUQUET et Robin Vincent

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