Electro

Astropolis hiver, pluie sonore dans le vent

Astropolis hiver, pluie sonore dans le vent

15 février 2019 | PAR Rodolphe Pete

Mariage pluvieux, mariage heureux, dit le proverbe. En suivant cette célèbre formule, la huitième édition d’Astropolis hiver à Brest, du 5 au 10 février, précédant de quelques semaines le quart de siècle estival de la plus célèbre rave de France en activité, s’avère une réussite totale

Car ni le vent, ni la pluie n’ont alteré la réussite d’un évènement qui avait choisi de moins miser sur les têtes d’affiche, tout en gardant ses principes fondateurs : ouvrir au plus grand nombre les musiques électroniques (scolaires, formations, échanges avec des professionnels, projection, boum pour les enfants…) avec un line-up aussi éclectique qu’exigeant.

Dans une ambiance entre « Crash » de David Cronenberg et un happening apocalyptique, la rencontre entre Regina Demina et Manu le Malin, résident d’Astropolis au sein de la scène Mekanik, le jeudi soir au théâtre Mac Orlan, donnait le ton. Ni concert, ni séance vidéo, ni set de techno indus, plutôt le choc, court et intense, de sons, de corps et d’images de feu pour une petite heure sombre et envoûtante, dont on ne sort pas indemne…
Après un before entre lives et stands de disques au centre d’art Passerelle, la première nuit du Bunker Palace à la Carène affichait, le vendredi au port de commerce, l’ambition d’un pont entre les générations du son techno. De l’ancien Luke Vibert, vétéran anglais qui n’a rien perdu de son sens du dancefloor dans le cosy espace Club, à la déferlante des jeunes Miley Serious et Anna, dans la grande salle habillée de visuels habiles, la nuit a ravi les fans, anciens et récents. Un public parfois très jeune, dont l’enthousiasme est rassurant pour l’avenir de l’électro. Mais on sait que de Nantes à Rennes, en passant par Angers, le grand ouest regorge d’initiatives, de talents et d’énergie, en toutes saisons.

Même lieu, mais style différent le lendemain avec une orientation house délivrée dès l’ouverture par le trio de résidents, Sonic Crew, devant hélas un parterre quasi vide. Il va toutefois se remplir bien vite, notamment pour tomber sous le charme du live de Deena Abdelwahed, avec une présence, un chant et une musique qui restent dans le cœur, les yeux et les oreilles bien longtemps après. La signature du label Infiné a une belle carrière en devenir. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter. Beaucoup plus dancefloor, le set de DJ Seinfeld, avec une bonne dose de breaks, prenait la suite avec un entrain parfait pour un milieu de nuit. Un peu en retrait, la moitié du duo américain légendaire de la House Music, Master at Work, l’immense Kenny Dope (dans tous les sens du terme) appréciait la prestation avant de prendre les rennes. En deux disques, le  dj et producteur a mis tout le monde d’accord. Quand on lance en préambule un classique comme « Can You Feel It », difficile en effet de ne pas convaincre. 
Le colosse a du métier, sait faire bouger le dancefloor et enchaîne les BPM pour faire briller un merveilleux soleil de nuit sonore, tandis que la pluie continue à l’extérieur. Plus rien ne compte alors, si ce n’est de se laisser emporter par un voyage jusqu’à l’aube. Loin, très loin, grâce à un artiste en pleine forme qui a fait honneur à sa réputation. Conclure un festival sur ses belles notes, voilà qui est de bonne augure pour le futur…
Rodolphe Peté

(Photos R.P.)

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