Musique

Astropolis jour 3 : voyage spatial sans sortir du bois

Astropolis jour 3 : voyage spatial sans sortir du bois

07 juillet 2019 | PAR Rodolphe Pete

Jusqu’à dimanche, se tient à Brest la 25e édition du festival Astropolis, doyenne des raves françaises. Avant l’after dimanche soir au Vauban, ce grand rassemblement des musiques électroniques a dignement fêté samedi son quart de siècle dans les bois de Keroual.

Quand la pluie ne joue pas les troubles fêtes, les bois de Keroual sont une aire de rave idéale. Deux soirs de suite, pour ses 25 ans, Astropolis retrouvait son jardin favori, bénéficiant ainsi de conditions optimales. Et mieux valait ne pas arriver trop tard car la première tête d’affiche commençait à 23 h. Apparat, entouré de ses musiciens, prenait possession de la scène avec sa voix et des sons lentement hypnotiques qui ont fait sa réputation, en solo ou en trio avec Modeselktor dans un registre plus énervé. 

Une parfaite entrée en matière avant la grosse bonne surprise du début de nuit. Le set house voguing de Kiddy Smile dans la cour. On pouvait s’attendre à une ambiance club très clinquante, or le dj a emporté la foule avec un enchaînement parfait de rythmes intemporels, qui n’étaient pas sans rappeler les plus belles heures sous la boule à facettes, tendance Club 54. 

Le voyage était davantage spatial avec le point d’orgue ultra attendu de ce quart de siècle : le duo Jeff Mills et Mike Banks, réuni comme au début d’Underground Resistance, à l’orée des années 1990. X-102, ce sont ces deux immenses figures de la techno made in Detroit derrière leurs machines et un écran blanc, alternant vues de planètes et courts visions des artistes discrètement au travail. Une bande son enveloppante, prenant le temps de monter et descendre, ménageant ses effets et creusant un sillon passionnant, dans le droit fil de leur album fondateur de 1992. 

Reprenant juste après, Paula Temple a tout de suite lâché les chevaux pour une cavalcade implacable, avec une techno survitaminée jusqu’aux premières lueurs du jour. Redoutable mais préférant l’efficacité à la surprise. Tandis que sous le chapiteau Mekanik, DJ Producer martelait un hardcore rugissant et que dans la cour, Marc Romboy proposait un live très intéressant mais dont le rythme pouvait apparaître décalé par rapport à l’heure (de pointe) .

Manu le Malin n’avait pas ce souci car le résident et maître des ténèbres hardcore a frappé un grand coup, comme à son habitude, se servant des platines comme de percussions d’une puissance radicale. Pour ne pas avoir le cœur qui s’emballe, la cour devenait un refuge tentant avec la house emballante de Denis Sulta, baignée de lumières bleutées transperçant les ultimes traces de la nuit. Une nuit follement agitée et réussie comme un anniversaire marquant. Avec le trio Sonic Crew en clôture sur l’Astrofloor. Da Gil, Dalbrant et Grolex, piliers du festival, trois mousquetaires unis à l’unisson…

Photos et texte : Rodolphe Peté

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Rodolphe Pete

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