Musique

Deuxième weekend japonais à la Philharmonie

Deuxième weekend japonais à la Philharmonie

15 février 2019 | PAR Laetitia Larralde

Alors que la saison Japonismes 2018 touche à sa fin, la Philharmonie de Paris a organisé son deuxième weekend japonais du 6 au 10 février derniers. La programmation a fait la part belle au nô et au kyôgen, deux formes de théâtre traditionnel, mais a également proposé des évènements participatifs ou des spectacles plus contemporains.

Dimanche, le musée de la musique accueillait le concert-promenade Dans la forêt de Hokkaido. A chaque étage du musée correspondait une activité d’une demie-heure. Le parcours s’ouvrait sur un concert de musique traditionnelle avec deux chansons folkloriques de Hokkaido, dont le chant accompagné d’une flûte shakuhachi, d’un shamisen et d’un koto évoquait la culture ainoue et la rudesse de la nature et du climat de l’île.
Ensuite, entre harpes et clavecins, Stéphane Ferrandez a donné une représentation drôle et enlevée de rakugo. Avec trois petits contes à la chute toujours inattendue, il a donné vie à plusieurs personnages avec une économie de moyens et beaucoup de naturel, mêlant japonais et français.
En plus d’un atelier autour du haïku, on a pu profiter d’un concert de la pianiste Aya Okuyama. Spécialiste du jeu sur claviers anciens, elle nous a offert un assortiment de morceaux classiques ou modernes, français ou japonais, sur un piano Pleyel de 1860 appartenant au musée. La programmation de cette promenade au musée s’est avérée être un parfait mélange de styles entre Japon et France, tradition et modernité, culture populaire et classique.

La grande salle Pierre Boulez recevait la légende Joe Hisaishi, compositeur de nombreuses musiques de films dont celles du studio Ghibli. La première partie du concert, œuvre en cinq mouvements, n’est cependant pas destinée à un film. Œuvre sur laquelle travaille Joe Hisaishi depuis 2013, The East Land Symphony est une évocation de son pays d’origine. Si les premiers mouvements s’inspirent de musique minimaliste et crée une certaine dissonance globale, le quatrième mouvement a des accents jazz, rappelant des ambiances à la Gershwin. Le dernier mouvement, The Prayer, est d’une grande douceur. La soprano chante en latin, apportant une pause bienvenue après la frénésie rythmique et la multiplicité des instruments des premiers mouvements.
Bien que cette symphonie ne soit pas aussi connue que ses musiques de films, on retrouve indéniablement la touche de Joe Hisaishi, et la même puissance narrative se dégage de sa musique.
La seconde partie du concert retourne au cinéma, avec Mládí, plusieurs morceaux composés pour Takeshi Kitano, et une relecture de Spirited Away, Le voyage de Chihiro.
Mládí s’est joué en comité réduit : les cordes de l’orchestre et le piano de Joe Hisaishi, qui jouait en même temps qu’il dirigeait les musiciens. L’ambiance devient plus intime, une proximité s’établissant entre le chef d’orchestre /pianiste, offrant des morceaux réconfortants de familiarité. De même pour Spirited Away Suite, l’empreinte de Joe Hisaishi est bien présente et les images se forment allègrement en suivant la musique. Le public s’est nettement plus enflammé pour cette seconde partie, atteignant le paroxysme de sa joie aux premières notes du thème de Mon voisin Totoro pendant les rappels. Voir plus de 2000 personnes, de tous les âges, réunies par une musique de dessin animé, certes iconique, est un moment très réjouissant.

La Philharmonie a offert un weekend japonais riche en évènements variés, proposant un beau panorama des arts japonais. Espérons que d’autres weekends thématiques suivront, qu’ils soient japonais ou autre.

Visuels : 1- Joe Hisaichi © Charlie Lenormand / 2- Fumie Hihara ©Isabelle Françaix / 3-Stéphane Ferrandez ©Camille Blot cie Balabolka / 

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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