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Un concert de gala à l’Opéra Garnier par les artistes de l’Académie

Un concert de gala à l’Opéra Garnier par les artistes de l’Académie

22 janvier 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

L’Opéra Garnier offrait aux oreilles du public un concert de gala des artistes de l’Académie ce jeudi 20 janvier. Brillantes dans des extraits de huit opéras de Mozart, portées par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, l’on a découvert avec un immense bonheur les voix de l’Académie. 

La musique mise en avant par la mise en scène

Sur scène, aucun décor, le plateau est mis à nu. Seule une toile de fond représentant un immense rideau rouge, symbole des arts de la scène, est présente. Ce choix artistique permet de mettre au premier plan la musique, qui devient l’unique centre d’attention. Le son des instruments se répand dans toute la salle et se joint aux voix mélodieuses des neuf chanteur.se.s.

Bien qu’il n’y ait pas de scénographie, les chanteur.se.s incarnent différents personnages qui se meuvent et se déplacent sur le plateau. Cette mise en espace a été réalisée par la jeune metteuse en scène Victoria Sitjà. Après une formation à la direction d’acteur au Théâtre de l’Odéon de Paris, elle parfait son apprentissage en devenant accessoiriste, régisseuse de scène ou répétitrice auprès de plusieurs metteurs en scène. Elle rejoint l’Académie en septembre 2021. Pour ce gala, elle réussit à proposer une mise en espace rendant vivant les échanges entre les chanteurs.

Une partition complète

Le Gala a été divisé en deux parties. Chacune propose une suite de scènes appartenant à des opéras différents. Au total, ce sont dix extraits d’opéras qui sont joués, provenant de huit opéras de Wolfgang Amadeus Mozart, tel que les célèbres Noces de Figaro ou Don Giovanni. Ce choix de ne présenter que des extraits permet de proposer une représentation rythmée où se mêlent des moments calmes, doux, tristes, joyeux ou encore tragiques. Tous le panel des sentiments est exploité, ce qui confère beaucoup de vie à chaque instant.

La soirée s’ouvre sur la première scène de l’opéra Così fan tutte. Une musique douce et volubile s’élève de la fosse où l’Orchestre national de Paris s’est soigneusement installé. Un dialogue entre cordes et vents se met en place, le hautbois est soliste. Après quelques minutes, cinq chanteurs entrent sur scène. Les femmes sont drapées dans de magnifiques robes – l’une est rouge, l’autre bleu – tandis que les hommes sont vêtus de costards noirs. Leurs voix s’élèvent, secondées par l’orchestre. 

Ces chanteurs lyriques s’emparent des opéras et en transmettent leur propre interprétation. La chanteuse Martina Russomanno réalise une superbe prestation où elle mêle avec grandeur sa voix de soprano à un jeu d’acteur rempli d’émotions. Dès son apparition sur scène dans le rôle d’Ilia, la souffrance de son personnage se fait ressentir. Sa présence est totale et tous les tourments ressortent à travers le son de sa voix et ses gestes.

Les artistes de l ‘Académie, de jeunes professionnels

Le gala orchestré en ce début d’année à l’Opéra Garnier accueille sur scène de jeunes artistes en formation. Venus de tous horizons, de tout le globe, ces artistes perfectionnent leur art grâce à la formation qu’ils reçoivent à l’Opéra national de Paris. L’Académie existe depuis 2015 et se base sur trois piliers principaux : la Transmission d’une culture et d’un patrimoine, la Formation et la Création. L’objectif est de mener des artistes au plus haut de leurs capacités en achevant leur apprentissage. En travaillant avec des professionnels reconnus, ils participent aux créations de l’Opéra de Paris.

Le gala des artistes de l’Académie permet au public de découvrir ces artistes en plein travail de création. Ce sont neuf chanteur.se.s qui sont présentés : les sopranos Kseniia Proshina et Martina Russomanno, la mezzo-soprano Lise Nougier, le contre-ténor Fernando Escalona, le ténor Kiup Lee, les barytons Yiorgo Ioannou et Alexander Ivanov, le baryton-basse Niall Anderson et la basse Aaron Pendleton. Ces chanteur.se.s, bien qu’encore en formation, proposent une prestation de haut vol. Ils auraient du être accompagnés d’un dixième chanteur, le baryton-basse Andriy Gnatiuk mais celui-ci étant souffrant n’a pas pu participer à la représentation. Il a été remplacé par son confrère Niall Anderson.

 

Les artistes de l’Académie sont promis à un avenir radieux. Leur long travail d’apprentissage leur a permis d’atteindre un niveau qui saura combler tout spectateur, même le plus aguerri. Il sera possible de les retrouver tout au long de l’année 2022 dans différentes créations dont le Concert de musique de chambre le 16 février prochain à l’Opéra Bastille.

 

Visuel : © Jean-Pierre Delagarde, Opéra national de Paris

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Lucine Bastard-Rosset

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