Classique

Passion Franco-russe pour un et deux pianos par Ludmilla Berlinskaïa et Arthur Ancelle à la salle Gaveau

Passion Franco-russe pour un et deux pianos par Ludmilla Berlinskaïa et Arthur Ancelle à la salle Gaveau

15 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

La salle Gaveau était pleine, ce jeudi 14 mars pour entendre le duo de pianistes Ludmilla Berlinskaïa et Arthur Ancelle dans un répertoire Franco-Russe. Alors qu’il sont en train de proposer chez Melodya une revisite du répertoire international pour deux pianos ( lire notre article) chacun des deux solistes est stupéfiant; mais ensemble ils sont absolument bouleversants.

Le concert a commencé du côté français, dans un mot, la musique directement et celle de Debussy avec les Children’s Corner de Claude Debussy (1906-08) que Ludmilla Berlinskaïa aborde avec une expressivité qui touche parfois à la liberté et à l’étonnement du jazz. Attaquant avec fougue et précision le « Dr Gradus at Parlassum », elle exprime mille nuances de tendresse dans « Jumbo’s Lullaby » de la douceur dans la sérénade à la poupée, quelque chose de libre pour « The little shepherd » qui semble presque surélever la pianiste de son siège dans une danse circulaire et le très familier « Golliwog’s cake walk » sonne comme un hymne.

Plus cérébrales, les histoires de Jacques Ibert (1922) sont proposées par Arthur Ancelle et nous font renouer avec le romantisme et une exaltation forts qui nous projettent comment dans un film.

Enfin, les deux séries de cordes résonnant l’une avec l’autre, lorsque les pianistes sont réunis pour la Valse de Ravel, il se passe quelque chose de magique, quelque part entre Paris et Vienne, qui emporte le public. 

Après l’entracte, on traverse l’Europe pour aller vers la Russie. Seul au piano, Arthur Ancelle nous fait découvrir comme deux faces d’une même médaille intense la Canzona Matinata op. 39 et la Sonata Tragica op. 39 n°5 du composteur Nikolai Medtner (1880–1951, présent sur le dernier CD du Duo « Last Russian Romantics », voir nos sorties de février). Expressif, chantant et virtuose, le pianiste nous plonge dans un univers intense et qui séduit immédiatement.

Avec fermeté et douceur, sur un mode technique et un rythme fou, Ludmilla Berlinskaïa interprète ensuite d’une traite 9 préludes de Scriabine (1888-96).Une performance impressionnante.

En final de ce concert riche et complexe, l’on retrouve les deux pianistes ensemble pour la Suite n°2 de Rachmaninov (1901). Un moment puissant de rythme, de souffles partagés et de résonances en 4 mouvements: l’introduction vive, rythmée, la valse qui nous met en lévitation, la romance, douce, nostalgique, slave, profonde et en final, la tarentelle, danse populaire accessible à tous.

Les deux pianistes sont venus à la rencontre de leur public pour signer leurs CDS et parler de ce programme exigeant, international et superbe qui nous a permis de faire bien des découvertes. On attend la suite de leur tétralogie d’enregistrements dédiés à ce répertoire pour deux pianos qu’ils incarnent si parfaitement. 

visuels : YH

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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