Classique
Evgeny Kissin, pianiste prodige au Théâtre des Champs-Elysées

Evgeny Kissin, pianiste prodige au Théâtre des Champs-Elysées

25 janvier 2022 | PAR Orane Auriau

Coutumier du Théâtre des Champs-Elysées, le pianiste Evgeny Kissin est revenu ce samedi soir pour un nouveau récital, diversifiant les époques et les compositeurs : Bach, Mozart, Beethoven, jusqu’au romantisme de Chopin –  de quoi mettre l’eau à la bouche. Réunissant ainsi spectateurs curieux et habitués admiratifs et fidèles.

 

Un récital, un parcours?

Sous l’immense coupole en verre de la salle, dans ce décor marbré prestigieux de l’architecture d’Auguste Perret se sont succédés le baroque de Bach, le classique de Mozart, de Beethoven jusqu’au romantisme de Chopin après l’entracte – un programme cohérent proposant une trajectoire musicale historique. Des artistes fondateurs dans le parcours musical de Kissin – qui débuta avec Bach – qu’il confesse être son compositeur préféré -. Le tout premier qu’il ait chantonné et joué au piano, alors qu’il était un enfant de deux ans. Puis ce sont les notes claires et limpides d’un Mozart qu’il délivre avec minutie, suspendant le temps dans la salle. Mozart, le compositeur qui l’a consacré en ayant attaqué pour sa première scène avec orchestre le Concerto KV. 466, à l’âge de 10 ans. Mais c’est un hommage plus important que Kissin a rendu, celui à Anna Pavalovna Kantor – celle qui fut son unique professeure de piano et mentor de toujours, récemment décédée en 2021, à l’âge de 98 ans : « tout ce que je peux faire au piano, je le lui dois. Elle était une femme vraiment remarquable, une personne d’une intégrité et d’une pureté rares. « 

 

Diversité et intensité

Un récital qui débute sur une belle ouverture avec une transcription de Bach par Carl Tausing, la Toccata et Fugue et ré mineur BWV 565, suivie de l’Adagio en si mineur K540 de Mozart. Un programme cohérent, plus particulièrement sur Beethoven et Chopin, essentiels dans sa carrière. Le récital n’a pas trahi la réputation d’un Evgeny Kissin tel qu’on le connaît: celui d’un pianiste doté grande sensibilité – en particulier dans ses interprétations de Chopin-, d’une profondeur qui va bien au-delà d’une grande maîtrise technique de morceaux qu’il renouvelle par son toucher. Impressionnant le public, les compositions s’enchaînent sans accroc, avec un répertoire diversifié nous offrant une palette d’émotions. On le sent plus épanoui seul, qu’accompagné par d’autres instruments. 

Les morceaux sont de plus en plus intenses et emportés, faisant monter la tension – réalisant les trois mouvements de la sonate n°31 en la bémol majeur, opus 110 par Beethoven avec une grande finesse. Il sait aussi se faire touchant et sobre lors de l’interprétation de sept mazurkas de Chopin (opus 7 n°1, opus 24 n°1...) que grandiloquant lors de la Grande Polonaise Brillante – le dernier morceau au programme, qu’il a su faire résonner par la seule force de son instrument, sans le mémorable orchestre. Une virtuosité sur laquelle le public semblait unanime. Après les ovations chaleureuses, le pianiste nous a offert trois autres morceaux qui ne figuraient pas sur le programme, concluant le bal sur une valse de Chopin. 

 

Visuel : Evgeny Kissin. © Sacha Gusov

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Orane Auriau

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