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Opéra Comique : une salle fermée pour une programmation ouverte

Opéra Comique : une salle fermée pour une programmation ouverte

09 septembre 2015 | PAR Elodie Martinez

Si l’Opéra de Paris possède des salles (Palais Garnier et opéra Bastille) mais annule des Premières, l’Opéra Comique, son petit cousin aimant tant prendre le contre-pied, fait l’inverse en n’ayant plus de salle pour cause de travaux, mais une belle programmation ! En effet, la Maison tricentenaire et son nouveau directeur, Olivier Mantei, communiquent depuis ce matin sur l’élargissement de son champ d’action durant cette saison particulière…

Nous vous l’avions annoncé début juillet dans notre article sur le concert de clôture de l’Opéra Comique, de nombreuses surprises attendent les spectateurs de la salle Favart. Ces derniers avaient d’ailleurs lancé un #EnsemblePendantLaFermeture sur Twitter afin de souligner leur soutien auquel avait répondu la Maison parisienne, très présente sur les réseaux sociaux. Elle avait d’ailleurs communiqué au début de l’été sur la possibilité de s’inscrire pour faire partie des 10 chanceux détenteurs d’un accessoire de l’Opéra le temps des travaux. Ce « garde-meuble lyrique » sera l’occasion de belles rencontres et de la création d’un album vidéo partagé sur le site internet de l’opéra.

Ce que l’on ignorait jusqu’à aujourd’hui, ce sont les nombreux autres projets plus ou moins originaux – mais tellement Favart – prévus pour cette saison : en décembre, les spectateurs pourront découvrir comment un opéra se crée par le biais d’un rendez-vous autour du premier opéra de la saison 2016-2017, Fantasio. L’occasion de voir comment un collectif d’artistes questionne et s’approprie une œuvre. Si certains souhaitent aller plus loin, un système de mécénat participatif sera également mis en place pour Kein Licht, une commande passée à Philippe Manoury pour octobre 2017. Les spectateurs alors également mécènes pourront suivre l’évolution de ce spectacle à l’ampleur européenne (d’après ce que l’on en sait) non plus de l’extérieur mais de l’intérieur. La campagne de don débutera sur Culture Time dès octobre prochain.

Octobre sera également le mois de Monsieur Beaucaire, un opéra radiophonique en partenariat avec Radio France et l’Orchestre Philharmonique avec une mise en onde en guise de mise en scène. De quoi renouer avec la radio pour ceux s’en seraient éloignés !

De novembre à février, le Comique ravira les gourmands en réparant une injustice : pourquoi, alors que tout le monde connaît la célèbre pâtisserie du nom d’opéra, cette Maison maintenant tricentenaire ne pourrait pas avoir elle aussi un gâteau à son nom ? Favart n’était-il pas fils de pâtissier et époux de Mademoiselle de Chantilly ? L’école Lenôtre accompagnera ce nouveau défit où chacun, y compris les spectateurs, pourra participer. Les critères du cahier des charges seront d’ailleurs choisis parmi les suggestions de tout un chacun. De quoi faire marcher l’imagination et saliver d’avance…

Les 13, 14, 27 et 28 février se tiendra Pleine nuit où Christian Boltanski, Franck Krawczyk et Jean Kalman vont imaginer et concevoir une errance poétique et musicale au sein-même de l’Opéra Comique. Les spectateurs seront invités par petit groupe à « errer » dans ce décor de scène dénudée et ainsi révélée par les travaux.

Le 21 février, c’est un tout autre projet qui verra le jour : un thriller lyrique aux clins d’œil à l’Opéra Comique, à ses œuvres mais aussi à son univers (un peu de folie est certainement à prévoir et le film est accessible dès 8 ans). Ce « webopéra » intitulé Les Fantômes du Comique ou L’Écureuil sacrifié, a été imaginé pour le web par Marc-Olivier Dupin et Ivan Grinberg et sera diffusé en direct. Une suite du projet est prévue dans le cadre d’activités périscolaires afin de sensibiliser les enfants à l’opéra comique (il faut bien penser aux futurs spectateurs !)

En juin, quoi de plus naturel avec la Fête de la Musique qu’un opéraoké ? Des tutoriels seront disponibles afin de s’entraîner avant de rejoindre des chanteurs professionnels dans Paris et chanter tous ensemble des airs célèbres.

Bien sûr, l’Opéra Comique reste un opéra et cette saison particulière n’empêche en rien la production de ses œuvres hors de ses murs : Le Pré aux clercs se rendra au Festival de Wexford en Irlande, Les Mousquetaires au couvent à l’Opéra de Toulon, La Voix Humaine à l’Opéra Royal de Wallonie à Liège en Belgique, Les Fêtes Vénitiennes au Théâtre du Capitole de Toulouse et à la Brooklyn Academy of Music de New York, Lakmé à l’Opéra Grand Avignon, Ali-Baba à l’Opéra de Rouen et enfin Pelléas et Mélisande à l’Opéra Théâtre de Limoges. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’Opéra Comique.

Il n’y a pas à dire : rarement un opéra fermé fut aussi ouvert ! Rendez-vous donc tout au long de l’année afin de poursuivre l’aventure Favart…

©Page Facebook de l’Opéra Comique

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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