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[LIVE REPORT] Soirée Beethoven avec l’orchestre de Paris à la Salle Pleyel

[LIVE REPORT] Soirée Beethoven avec l’orchestre de Paris à la Salle Pleyel

23 juin 2014 | PAR Delphine Habert

Jeudi dernier, l’Orchestre de Paris, dirigé par Paavo Järvi, nous offrait un concert autour de plusieurs compositions de Beethoven, dans une salle Pleyel qui a fait salle comble.

Il est 20h, les musiciens entrent en scène. Avant d’accueillir le chef d’orchestre, un intermittent vient expliquer que la salle ne bénéficiera pas des lumières adéquates pour le concert. Sans intermittent, pas de spectacle, et en l’occurrence, ici, pas de lumière. Paavo Järvi arrive ensuite, et, une respiration plus tard, la première œuvre, l’ouverture Leonore III, en ut majeur, démarre. Cette pièce, à l’origine prévue pour introduire un opéra entier, s’est petit à petit imposée dans les salles de concert comme une pièce autonome. L’univers beethovénien se retrouve dans cette pièce où les changements brusques de rythme et des motifs mélodiques sont fréquents. Comme le musicologue Marcel Marnat l’indique, cette ouverture augurerait la naissance du poème symphonique.

S’ensuit le Concerto pour piano en ré majeur, d’après une transcription du compositeur du concerto pour violon du même nom. Passer du violon au piano n’est pas chose simple tant les instruments sont radicalement différents. Le compositeur avait choisi de laisser la partie mélodique, à l’origine jouée par le violon, à la main droite du pianiste, tandis que la main gauche renforcerait l’harmonie. Olli Mustonen, compositeur, chef d’orchestre et avant tout pianiste, était aux commandes de cette partie soliste, techniquement complexe et virtuose. Le pianiste a montré toute sa fougue, sa virtuosité et son implication, en particulier lors des pianissimi dans les aigus, nous plongeant alors dans les secousses dramatiques imposées par le compositeur.

Après des applaudissements bien mérités, une pause s’impose avant l’interprétation de l’œuvre monumentale qui s’annonce en deuxième partie : la 7ème Symphonie de Beethoven. Paavo Järvi revient sur scène, et, démarrant encore au quart de tour, entame le premier mouvement, faisant virevolter l’orchestre. De cette symphonie le grand public reconnait surtout le deuxième mouvement, l’Allegretto, très présent dans les bandes sonores de films. On le retrouve ainsi dans Le discours d’un roi de Tom Hooper, Lola de Jacques Demy ou encore La Marche de l’Empereur de Luc Jacquet. Le quatrième mouvement, l’Allegro con brio, sera toutefois le passage le plus marquant de la soirée, une clôture tout en dynamisme, avec un orchestre puissant, nous emportant dans une fougue musicale incroyable, menée par un Paavo Järvi acteur de cette musique, imprégné du mouvement de bout en bout, ne lâchant rien, et se plongeant corps et âme dans cet élan musical exceptionnel. Les acclamations résument bien l’état d’esprit du public à la fin du concert, on souffle enfin après cette plongée en apnée bouleversante! Une multitude d’applaudissements pour l’orchestre, et une ovation pour le chef, bien mérités.

Visuels : © Sasha Gusov/Robert Pearce/Mirco Magliocca

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Delphine Habert

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