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L’instant lyrique : instant magique d’Adèle Charvet

L’instant lyrique : instant magique d’Adèle Charvet

01 juin 2022 | PAR Pascal Gauzes

Pour sa 69ème occurrence, en ce dernier jour de mai, l’Instant lyrique ouvre les portes de la salle Gaveau à Adèle Charvet, accompagnée par Antoine Palloc. Un piano-chant intimiste sur le thème de l’amour dans lequel la mezzo-soprano, qui porte visiblement le fruit de celui-ci, prend un immense plaisir à nous enchanter.

 

Un Gaveau intimiste

Dans la salle Marguerite, au dernier étage de Gaveau, une centaine de chaises attendent un public de mélomanes qui apprécient d’être exposés à la puissance et l’intimité des voix. Alors que la verrière fait encore pénétrer la lumière du jour dans la salle, Adèle Charvet, au ventre arrondi subtilement souligné par une ceinture, et le pianiste Antoine Palloc, entrent en scène. Le programme sur le thème de l’amour, qui propose des compositeurs du XXème et contemporains, peut surprendre pour celle que l’on connaît pour ses rôles de Carmen ou Mélisande. Dès le premier air, un air du Cabaret Song de Benjamin Britten, le ton est donné, nous allons assister à une démonstration de voix et de jeu de la jeune mezzo-soprano. De Satie à Poulenc en passant par Bolcom ou Copland, Adèle Charvet développe une puissance vocale, qui dans cette petite salle fait vibrer les cœurs. Elle nous émeut et nous fait aussi rire, quand, le sourire dans la voix, elle met la main sur son ventre enchantant  « I don’t want to be a fat domestic cat » dans le Animal Passion de Heggie.

 

L’amour et la mort…

Au milieu de ce récital est atteint le climax d’intensité quand, par surprise, car non indiqué dans le programme, est repris l’un des plus beaux poèmes de W.H. Auden, Funeral blues dans une composition de Benjamin Britten. Eros et Thanatos sont intimement liés, mais le récital se termine par une touche bien plus gaie du même compositeur britannique, Calypso, mettant en scène une femme intimant à son taxi l’ordre de conduire bien plus vite dans les rues de New-York. L’amour n’attend pas !

Qui dit piano-chant, dit bien évidemment piano, et celui-ci n’est pas en reste. Sous les doigts experts d’Antoine Palloc, les cordes frappées résonnent avec puissance, et leur son ne semble jamais s’arrêter, emportant chaque fin de morceaux dans une infinie délicatesse.

 

Une soirée qui ne devrait pas se terminer…

Acclamé, le duo revient trois fois sur scène. En première intention avec un poème de Jean Pellerin, La grosse dame chante, – ce qui passe pour une délicieuse boutade et qui, de l’aveu des deux, est totalement fortuit ne manquera pas de faire rire l’audience, tout comme le poème en lui-même d’ailleurs – pour la première fois mis en musique par Isabelle Aboulker, à la demande d’Antoine Palloc. Une deuxième fois pour Les Chemins de l’amour. À court de bis, mais toujours autant ovationné, le duo, dont la complicité n’a fait qu’amplifier au cours de cette heure et demie, reprend Amor de Bolcom. Suspendu aux derniers « amor » susurrés par Adèle Charvet, dans le crépuscule, qui se laisse deviner par la verrière chacun rêve de conter fleurette ou de rejoindre les bras de l’être aimé… 

Le public attend avec impatience la prochaine édition de l’instant lyrique, à la rentrée 2022 : ce sera la la 70e!

Visuel : affiche de l’événement
Photo : © Pascal Gauzes

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Pascal Gauzes
Pascal Gauzes est ingénieur agronome et diplômé de SciencesPo Paris, après avoir commencé sa carrière en marketing, il s'est orienté vers le monde de l'art et de la culture en dirigeant une galerie pour artistes émergents et en tant que directeur communication d'un musée parisien. Il est aujourd'hui directeur marketing et communication d'un réseau social et collabore avec Toute La Culture depuis presque 10 ans.

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