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L’Instant lyrique continue à célébrer magnifiquement les artistes à la Salle Gaveau

L’Instant lyrique continue à célébrer magnifiquement les artistes à la Salle Gaveau

01 avril 2021 | PAR Paul Fourier

Le 31 mars, Arturo Chacon-Cruz et Sara Blanch, accompagnés par Antoine Palloc, ont donné un récital gorgé de soleil. Un moment de bonheur…

Il est, en cette période singulière, une expérience unique. Celle de s’introduire, presque par effraction, dans une célèbre (et magnifique) salle de spectacle apparemment fermée, puis de se retrouver au milieu d’une nuées d’artistes, de techniciens, d’une maquilleuse et d’un coiffeur, dans l’agitation qui précède un concert.
Attendre la fin des répétitions, du maquillage des artistes, le réglage du piano avant de réaliser une petite interview (voir la page Facebook de Toutelaculture) avant 20h (intervention du président de la République oblige…), c’est se replonger dans la vie artistique et sa frénésie. Celle qui existait avant le Covid et que quelques-uns essayent de maintenir à flots. C’est, malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur route et avec un réel succès, ce que font les organisateurs de l’Instant Lyrique en ayant repensé (malgré un déménagement imposé par la fermeture de l’Elephant paname) le concept, le temps de l’épidémie.
Lorsque les lumières s’éteignent, que les techniciens égrènent les secondes avant le début du direct, tout est en ordre pour être présenté dans les meilleures conditions.
Le public – aujourd’hui virtuel – peut ainsi bénéficier du résultat et du moment de grâce que représente un beau récital.
Et un beau récital, c’est ce que les artistes présents en scène nous ont offert ce soir.

Un concert sous le signe du soleil

Avec ces deux chanteurs, il règne un parfum qui fleure bon le monde hispanique. Lui, Arturo Chacon-Cruz est d’origine mexicaine et réussit, malgré tout, à travailler comme récemment à Barcelone (Les récents Contes d’Hoffmann) ou encore à Monte-Carlo (I Lombardi). Elle, Sara Blanch est catalane, moins connue encore en France, mais s’affirme comme la superbe révélation de cette soirée.
Le répertoire du ténor est éclectique ce soir ; il révèle un parcours qui ne se limite pas à l’opéra et balaye également la culture nord-américaine. De Besame mucho à Tonight de West side story, il pratique ce genre de répertoire qui, comme un voyage à travers l’espace et le temps, convient si bien aux Instants lyriques,… ces moments où l’on peut découvrir les différentes facettes de l’artiste. Il ose même un « What a wonderful world », chanson immortalisée par Louis Amstrong, dont le titre bien qu’anachronique dans la période que nous vivons, rappelle que le monde peut être magnifique… notamment lorsque le spectacle vivant peut nous combler de plaisirs. Outre un timbre naturellement lumineux, Arturo Arturo Chacon-Cruz possède un chant viril qui s’épanouit aussi bien dans L’Élixir d’amour que dans Tosca et Gioconda et éclaire la scène de la Salle Gaveau. On espère le revoir vite dans la capitale…

Grace au Projet Momentum de Barbara Hannigan, le ténor, qui devait initialement être seul en scène pour cet instant lyrique, est rejoint par Sara Branch. Pour son premier morceau, la soprano n’hésite à se lancer dans l’air redoutable de Linda di Chamounix. La voix est puissante, les aigus (et suraigus) magnifiques, le legato somptueux. On se demande, à ce moment, pourquoi nous ne connaissons pas cette artiste de ce côté-ci des Pyrénées tant son talent nous subjugue. Parfaite en Adina de L’Élixir, elle interprétera en bis un « O mio babbino caro » de toute splendeur.

Mais le talent de ces chanteurs va de pair avec celui d’Antoine Palloc, cet accompagnateur hors pair, tellement rompu à l’exercice et capable de se mouler dans toutes les ambiances musicales. Si l’opéra est son répertoire naturel, il apprécie – et nous avec – le moment où Chacon-Cruz, après Besame Mucho, lui lance qu’il a joué une chanson mexicaine comme un mexicain ! Toujours humble, possédant ce talent qui consiste à véritablement « accompagner » dans tous les sens du terme, il est le liant de cet Instant lyrique, celui qui permet aux artistes sous les projecteurs de se sentir bien et de délivrer leur plein talent.

Comme l’ont précisé Antoine Palloc et Arturo Chacon-Cruz lors de leur interview préalable, voici un concert qui sentait le soleil. De fait, il a dû réchauffer le cœur de bien des spectateurs présents derrière leur écran. Bravo à eux et à la magnifique Sarah Blanch ! Bravo à l’équipe de l’Instant Lyrique pour sa ténacité et la qualité de ce qu’ils offrent.

Le concert peut être revu en replay, pour la somme modique de 5 euros, jusqu’au 15 avril.

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Paul Fourier

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