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Décès du pianiste tchèque Ivan Moravec

Décès du pianiste tchèque Ivan Moravec

03 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

Ivan Moravec, surnommé le « pianiste des pianistes » par les mélomanes, est mort lundi 27 juillet à l’âge de 84 ans. Peu connu du grand public, ce pianiste tchèque était considéré comme un musicien hors pair. Retour sur une destinée sans pareil…

 

Le monde de la musique classique est en deuil. Ivan Moravec, grand pianiste tchèque, bien que peu médiatisé, est décédé lundi 27 juillet à Prague, sa ville natale, à l’âge de 84 ans, rapporte France Musique, sans préciser les causes du décès. Surnommé « le pianiste des pianistes » ou « le poète du piano » par les mélomanes, Ivan Moravec était considéré comme l’un des plus grands musiciens du XXème siècle et plus particulièrement comme l’un des meilleurs interprètes de Chopin. Son jeu était toujours très « délicat » et « subtil » puisque Ivan Moravec était un pianiste « hautement exigeant et méticuleux », précise Resmusica.

Né en 1930 à Prague, Ivan Moravec avait découvert la musique grâce à son père juriste et chanteur amateur. A l’âge de 7 ans, il prenait ses premières leçons de piano, entrait au conservatoire de Prague à 15 ans puis à 20 à l’Académie des Arts. Repéré par le célèbre pianiste italien Arturo Benedetto Michelangeli, le très classique Ivan Moravec s’était ensuite rendu aux Etats-Unis dans les années 1960 pour y enregistrer plusieurs disques pour le label Connoisseur Society. Cette étape marqua le début de sa carrière internationale puisqu’il fit une apparition en 1964 au côté du chef d’orchestre George Szell et de l’Orchestre symphonique de Cleveland.

Bien que lancé, Ivan Moravec évoluait dans un contexte de Guerre Froide qui le freinait parfois. Homme de convictions, son passeport lui était souvent confisqué, l’empêchant ainsi d’évoluer à l’étranger. Ainsi, le pianiste s’était concentré sur l’enseignement à Prague. « À l’inverse d’autres artistes, il ne fit pas de la chute du mur de Berlin une opportunité de carrière mondiale et il resta fort discret, toujours concentré sur la musique », souligne le journal Resmusica. Ce n’est qu’en 1999 que la carrière d’Ivan Moravec s’envola au plus haut : la maison de disque Philips lui consacra l’un des volumes de son édition des Grands pianistes du XXe siècle et en 2002 Ivan Moravec reçu le Prix pour l’ensemble de sa carrière des Cannes Classical Awards.

Outre les compositeurs tchèques (Smetana et Dvorak), Ivan Moravec s’attaquait à du Mozart, Raven, Beethoven, Debussy ou encore Chopin. Un répertoire plutôt limité comme il le déclarait en 2010 à la radio tchèque : « la vie est si courte et je me suis concentré sur ce que je sens que je fais de mieux ». Spécialiste de Chopin, Ivan Moravec avait été classé dans le top 5 des références du compositeur par le New York Times pour son enregistrement Nocturnes (1965). Avec calme et authenticité, voilà comme le musicien abordait la musique. « Il faut que vous flottiez dans la musique sans être dérangé par la technique, l’instrument ou par vos propres fautes », ajoutait-t-il lors de son passage à la radio.

Aujourd’hui décédé, Ivan Moravec, qui avait également reçu en 2000 le prix Charles IV ainsi que la médaille du mérite, laisse derrière lui d’importantes œuvres et une femme, Suzanna, dans la douleur.

Visuel : © Pochette officielle de l’album Ivan Moravec plays Beethoven

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Elodie Schwartz

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