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A la Maison de la radio, Tharaud et Queyras, plus d’une corde à leur art

A la Maison de la radio, Tharaud et Queyras, plus d’une corde à leur art

04 février 2018 | PAR Alexis Duval

Le temps d’un concert, le duo formé par le pianiste et le violoncelliste est entré en osmose avec son public en interprétant un programme éclectique autour de Bach, Chostakovitch, Berg et Brahms.

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Amis de longue date, le pianiste Alexandre Tharaud et le violoncelliste Jean-Guihen Queyras conjuguent depuis plusieurs années leur talent au pluriel. Le temps d’un soir à l’Auditorium de Radio France, jeudi 1er février, le duo qu’ils forment régulièrement sur scène et dans les bacs a emporté tous les suffrages en naviguant entre Bach, Chostakovitch, Berg et Brahms. Un programme à leur image : éclectique.

D’abord, la Sonate pour violoncelle et piano n°2 en ré majeur de Jean-Sébastien Bach. Une oeuvre nimbée de mystère dès les premières notes de l’« Adagio », joué piano. Composée soit vers 1717-1723, soit vers 1742, la partition a été pensée pour viole de gambe et clavecin – au XVIIIe siècle, le violoncelle existait mais était moins populaire ; quant au piano, on retient souvent 1731 comme son année de naissance. Une entrée en matière exécutée avec la précision et la rigueur de circonstance avec Bach. Et en dépit de la solennité du moment, une certaine complicité s’affichait déjà entre les deux interprètes, en particulier lors du deuxième mouvement, un « Allegro » enjoué. Irrésistible.

Le concert s’est poursuivi avec une deuxième Sonate pour violoncelle et piano, cette fois-ci élaborée par Dmitri Chostakovitch. Ecrite en un mois, entre août et septembre 1934, l’oeuvre est marquée par un romantisme élégiaque et contemplatif. Queyras et Tharaud se sont emparés du thème d’ouverture dans un élan vibrant de sincérité. Le temps des deux premiers mouvements notamment, l’archet et le clavier n’ont fait qu’un. Un moment rare d’osmose musicale.

Un bis extatique

Le clou de la soirée était évidemment la Sonate pour violoncelle et piano n°1 de Johannes Brahms. La pièce ouvre le formidable album que le duo vient de consacrer au romantique allemand (Brahms, Erato, Warner Classics, 16,99 euros). Sur scène, le jeu et la complicité virtuose des deux interprètes a fait des merveilles. Et si l’on a quelques réserves du point de vue du programme sur les quatre pièces de Berg qui précédaient la sonate, on ne peut qu’être totalement conquis par la vibrante beauté de leur jeu.

Presque aussi attendu que le programme du soir, le bis a rendu le public extatique. Il faut dire que le duo a choisi les Danses hongroises n°11 et n°5 de Brahms, elles aussi tirées de leur album. Conçues à l’origine pour quatre mains au piano, elles ont également été adaptées pour orchestre par le compositeur lui-même. Forme courte, tempo soutenu, air connu et influence tzigane forment les quatre ingrédients d’un nectar irrésistible que Tharaud et Queyras ont partagé avec une générosité toute brahmsiene.

Visuel : Alexis Duval

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Alexis Duval

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