Classique
Carlos Dourthé dirige l’Orchestre et Chœur des Universités de Paris à l’Auditorium de Radio France

Carlos Dourthé dirige l’Orchestre et Chœur des Universités de Paris à l’Auditorium de Radio France

08 février 2022 | PAR Geraldine Elbaz

Il y a quelques jours, la Maison de la radio et de la musique proposait un magnifique programme classique exécuté par l’Orchestre et Chœur des Universités de Paris (OCUP) sous la direction de Carlos Dourthé : Muzard, Chostakovitch et Tchaikovski. Une très belle soirée.

Un chef d’orchestre animé et impérieux

Queue de pie noire et nœud papillon blanc assorti à sa chemise, le sémillant chef d’orchestre chilien Carlos Dourthé entre en scène. Il a travaillé avec les plus grands et dirige l’OCUP depuis 2008. Baguette en l’air, regard circulaire, il donne le coup d’envoi de la soirée !

Patrice Muzard fait son cinéma

Pour démarrer les festivités, la musique de Patrice Muzard inonde l’auditorium. Cordes, bois, vents, percussions : tous les instruments nous plongent dans un univers cinématographique très visuel et coloré. Dès les premières notes, le public est happé dans un monde épique et fantastique où l’imaginaire se déploie.

Amplificatrices d’émotions, créatrices de suspens, accentuant une tension ou  soulignant une atmosphère romantique, les musiques de films produisent un monde sensible et précipitent les spectateurs dans une nouvelle dimension. Ici, la musique réussit à elle seule à recréer les images, offrant à l’auditoire un spectacle visuel intense.

Lyrique, sentimentale et contemplative ou puissante et héroïque, la production musicale du compositeur français Patrice Muzard nous évoque Ennio Morricone, Michel Legrand et Hans Zimmer. Des notes plein les yeux et les oreilles.

Le 2ème concerto pour piano de Chostakovitch

Si son compositeur ne lui attribuait « aucun mérite artistique », cette œuvre en fa majeur et en trois mouvements écrite en 1957 demeure l’une des plus connues de Chostakovitch. Les rythmes bondissants du concerto lui confèrent une vivacité éloquente et contribuent à son succès.

C’est le jeune pianiste Olof Hansen, qui avait remporté en 2016 le Premier Prix à l’unanimité au Concours International de Piano Gabriel Fauré, qui l’interprètera brillamment avec l’orchestre. L’ensemble embarquera le public dans un tourbillon d’émotions.

L’allegro, espiègle, ludique et virtuose nous expose un premier mouvement riche où le clavier est balayé intégralement. Les notes se font joyeuses et facétieuses. L’andante nous apporte calme et douceur, comme une plainte élégiaque, avant l’arrivée plus expressive et primesautière du dernier mouvement.

2ème symphonie Tchaikovski, « Petite Russienne »

Composée en 1872 par Piotr Ilitch Tchaikovski, la deuxième symphonie comporte quatre mouvements : l’andante sostenuto nous plonge dans un climat à la fois intense, doux et mélancolique dans lequel les instruments se répondent. Les phrases musicales sont exprimées dans une dualité puissance/douceur au contraste marqué. L’andantino marziale, inspiré d’un opéra du compositeur, nous apporte légèreté et gaité. Dès l’ouverture, la rythmique des percussions nous donne l’impression d’avancer à pas feutrés dans le mouvement, qui va s’intensifier au fur et à mesure, soulignant l’esthétique slave du chant russe. Puis le troisième mouvement scherzo, allegro molto vivace nous entraîne dans une ambiance animée et énergique.

Enfin, le finale moderato assai, allegro vivo nous évoque le bouquet final d’un feu d’artifice aux mille couleurs. Splendide !

Un rappel festif et dansant

Tico Tico est le titre choisi pour le rappel qui se veut particulièrement ludique et joyeux. Le chef d’orchestre adresse un sourire complice aux musiciens, qui seront invités à se lever et à danser tout en continuant à jouer. Le tempo est enlevé, l’ambiance est à la fête et le public acclame les artistes.

Une magnifique soirée placée sous le signe de la bonne humeur et de la virtuosité.


Visuel : (c) GE

Concert de l’Orchestre et Chœur des Universités de Paris

Sous la direction de Carlos Dourthé

Présenté par Gilles Cantagrel

À l’auditorium de la maison de la radio et de la musique

Lundi 31 janvier 2022

« Et Dieu créa le swing », une performance musicale incroyable !
L’Enfant que j’ai connu, quête patiente et belle d’un deuil impossible
Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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