Classique
Une soirée de contrastes à la Maison de la Radio et de la Musique

Une soirée de contrastes à la Maison de la Radio et de la Musique

23 janvier 2022 | PAR Margot Wallemme

Ce vendredi 21 janvier, la Maison de la Radio et de la Musique devait accueillir le violoncelliste Truls Mork, mais étant souffrant il fut remplacé par Kian Soltani qui nous livra une interprétation virtuose du Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur op. 104 de Dvorak. Après un entracte, on continuait avec The confession of Isobel Gowdie de James Macmillan puis Symphonie n°1 en un mouvement op. 9 de Samuel Barber. Entre petites déceptions et belles surprises, le concert s’est placé sur une onde de contrastes sous la baguette de Marin Alsop.

Un concerto déconcertant 

Le concerto débuta agréablement avec l’Allegro, on sentit monter l’émotion mais… ce sentiment s’écroula petit à petit. La pièce puissante de Dvorak est construite par contrastes de sonorités et de nuances, et le choix de l’interprétation semble justement vouloir mettre en valeur ce caractère, mais on ressentait un léger manque de subtilité. L’interprétation du premier et deuxième mouvements n’emportait pas vraiment.

On finit tout de même triomphalement avec le Finale. Allegro moderato. qui, teinté d’un nouveau dynamisme entraînait beaucoup plus.

Si Truls Mork fut remplacé par Kian Soltani au pied levé, celui-ci s’imposa aisément par sa forte personnalité. Dans une virtuosité libre, son instrument prit la parole et dansait avec lui. La première flûte solo, Mathilde Calderini, était mise en valeur par l’interprétation de la cheffe d’orchestre qui la fit émerger de l’ensemble dans un délicieux dialogue avec le violoncelliste.

La surprise réservée par Kian Soltani fut sûrement le plus beau moment du concert. Il présenta son propre arrangement du premier des Quatre chants op. 82 pour violoncelles et contrebasse. Il porta la voix du solo, à l’origine pour soprane, nous offrant un moment de douceur et de volupté avec une grande sensibilité.

Une belle deuxième partie 

Confession of Isobel Gowdie, une pièce de 1990 de James Macmillan, se rapproche de la musique descriptive, nous faisant voyager dans un univers mystérieux et fantastique. En effet, la pièce nous raconte l’histoire de la sorcière Isobel Gowdie qui fut brûlée à la suite de son aveu, en 1662, d’avoir appartenu à un cercle de treize sorcières.

On se ballade dans une nature foisonnante qui tend à l’unisson. Les bois, les cuivres et les cordes s’affrontent dans des tierces et quintes du diable qui rappellent les musiques de Bernard Herrmann. Nous sommes plongés dans cet univers, entre éclaircies de beautés lumineuses et profondeurs inquiétantes et diaboliques.

Pour finir, la symphonie n°1 en un mouvement opus 9 de Samuel Barber créée en 1935, joue, elle aussi, sur les contrastes de nuances et les effets d’opposition des pupitres dans un bouillonnement intense. Le solo de hautbois, rajouté par le compositeur en 1942, donne à cette pièce toute sa splendeur et fut superbement interprété par Olivier Doise. 

 

Visuel :  © Christophe Abramowitz / Radio France 

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Margot Wallemme

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